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Belgique

Édito Michelle Martin : Dépasser sa répulsion

Jean-Claude Matgen

Publié le - Mis à jour le

Personne, à commencer par les proches des victimes de Marc Dutroux, ne pourra jamais oublier que Michelle Martin, institutrice et maman, a pu, au-delà de tout entendement humain, laisser mourir sans soins des fillettes innocentes que son mari a torturées, violées, salies, jetées au fond d’une cave, où elles sont mortes au terme d’une agonie d’une horreur sans nom.

Michelle Martin a payé cette barbarie d’une condamnation à 30 ans de prison. Elle en a purgé plus de la moitié et, mardi, le tribunal de l’application des peines a décidé, après plusieurs refus, de la placer en libération conditionnelle. La décision de cette juridiction indépendante a été prise dans le respect du droit.

Une partie de l’opinion s’indigne qu’on puisse laisser sortir celle qu’elle considère comme l’incarnation du mal absolu. Les familles des victimes, qui ont appris la nouvelle par la presse (ce qui repose le problème de la façon de communiquer de la justice), sont pareillement bouleversées.

La loi, votée par certains de ceux qui, aujourd’hui, la vilipendent, est perfectible et l’accord de gouvernement prévoit d’ailleurs des aménagements.

Mais souvenons-nous que la libération conditionnelle, plus chichement accordée qu’hier, répond, légitimement, au souci de la société de ne priver personne, pas même le criminel le plus odieux, de tout espoir de sortir un jour de son enfermement. En contester le principe en fonction de la personnalité de celui qui la sollicite serait déraisonnable.

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