Belgique

L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) va entrer dans les objectifs généraux de l’enseignement fondamental et secondaire inscrits dans le décret Missions de 1997, selon un projet de décret adopté mardi à l’unanimité en commission de l’Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette modification décrétale vise à signifier clairement que l’Evras fait partie des missions de l’école. Tout établissement scolaire a dès lors l’obligation de prendre des initiatives en la matière.

L’autonomie d’action des établissements est toutefois préservée. "On pourra prendre en compte les réalités rurales ou urbaines, l’histoire ou le vécu des élèves", a commenté la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (CDH). L’objectif est aussi d’envisager cette éducation sur l’ensemble de la scolarité, "dans le respect de soi et de l’autre et de l’égalité des hommes et des femmes". L’Evras devra se situer dans une approche globale intégrant les approches scientifiques et techniques, mais aussi les dimensions relationnelles, affectives, psychologiques, sociales et culturelles. Ce type de cours est déjà "bien ancré dans certains établissements, mais moins dans d’autres", a relevé Mme Simonet. Désormais, le rapport d’activités triennal de l’établissement scolaire devra mentionner les initiatives prises en la matière.

La Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FCPF-FPS), la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF) et le Centre d’action laïque (CAL) "se réjouissent" de ce projet de décret. Ils soulignent "l’avancée que représente cette proposition. L’éducation à la sexualité est porteuse d’enjeux majeurs tant en termes de santé publique que de projet de société." Pour eux, les jeunes doivent être égaux face à l’information et bénéficier des mêmes chances en matière d’éducation à la sexualité. Ils s’interrogent toutefois sur les modalités du décret, recommandent une définition légale de l’Evras et insistent sur l’importance d’associer les acteurs de terrain dans le processus de généralisation de l’Evras. "Les centres de planning familial bénéficient de plus de trente ans d’expérience en la matière", argumentent-ils. (Belga)