S'il existe une foule de techniques et de matières premières permettant de produire des biocarburants, leur développement futur passera plus que probablement par la mise au point de nouvelles filières valorisant les matières d'origine cellulosique qui n'entrent pas en concurrence avec la filière agroalimentaire. "Actuellement, on valorise des graines oléagineuses - comme le colza - ou des plantes amylacées ou sucrières - comme le froment et les betteraves. L'objectif pour les biocarburants de seconde génération est d'élargir la palette de la biomasse exploitable : le bois, des résidus organiques solides comme la paille ou encore certains types de déchets ménagers. Mais étant donné la complexité de ces matières premières, il faut développer un processus beaucoup plus compliqué pour parvenir à les valoriser et cela coûte encore très cher. On en est toujours au stade de la recherche et du développement et ces biocarburants ne feront sans doute pas leur apparition avant une bonne vingtaine d'années", commente Olivia Schoeling, spécialiste des biocarburants de l'ASBL Valbiom.

Parmi les pistes étudiées, on peut notamment citer celle de l'éthanol carburant produit à partir de résidus forestiers. Ethanol qui, combiné aux huiles végétales, pourrait également servir à la production d'un nouveau type de biodiesel (l'EEHV ou ester éthylique d'huile végétale).

La biomasse peut aussi être utilisée pour produire du méthanol qui, associé à l'isobutène, servira à produire un carburant liquide, le Méthyl Tertio Butyl Ether (MTBE), pouvant être mélangé à l'essence. Avec un bémol cependant puisque le méthanol est extrêmement polluant. Par contre, l'hydrogène (qui est un gaz n'existant pas à l'état naturel et dont on parle beaucoup dans la perspective du développement des piles à combustible) pourrait pour sa part être produit soit directement à partir de la gazéification de la biomasse, soit indirectement à partir de méthanol ou d'éthanol. Résultant lui aussi de la gazéification de la biomasse, le Diméthyléther (DME) pourrait de son côté être utilisé en tant que carburant de substitution au diesel.

Mais la voie la plus prometteuse est sans doute celle du BTL (ou Biomass to liquid). Ce biodiesel présentant de nombreux avantages sur le plan environnemental est obtenu lui aussi par gazéification de bois, de paille ou de déchets végétaux. Ce gaz est ensuite purifié et transformé en carburant liquide par une réaction chimique (le procédé Fischer-Tropsch).

On notera enfin que certaines expériences portent sur la transformation de graisses ou d'huiles d'origine animale en diesel de synthèse.

© La Libre Belgique 2006