Un livre coup de poing. Un document. Un ouvrage qui se lit comme un roman. Mais qui est plus que cela : il fourmille d’anecdotes et de révélations. Elio Di Rupo tel qu’on ne le connaît pas : la trajectoire d’une vie incroyable, pas seulement politique ; humaine, terriblement humaine. Avec ses joies et, surtout, ses nombreuses blessures. Avec ce qu’on ne dit pas généralement, ce qu’on avoue difficilement, ce qui fait battre le cœur et ce qui met en rage.

C’est tout cela, « Elio Di Rupo, une vie, une vision », que publie Francis van de Woestyne, journaliste politique et éditorialiste à La Libre Belgique, l’un des meilleurs de la profession, aux Editions Racine (pour la version en français) et Lanoo (pour celle en flamand).

Paris Match en publie ce jeudi de longs passages particulièrement très forts. Dont celui concernant « l’affaire Trusgnach » (un jeune homme a porté plainte en affirmant qu’Elio Di Rupo avait eu avec lui des relations sexuelles alors qu’il était mineur) et les révélations de l’intéressé concernant son homosexualité. « Le lundi matin », raconte le toujours président du PS, « j’arrive au boulevard de l’Empereur. Une meute de journalistes, de cameramen m’attend. Des journalistes belges, mais aussi étrangers. On me pose mille questions. Kathryn Brahy, qui était alors journaliste à RTL, me lance : « On dit quand même que vous êtes homosexuel ! ».

Je me retourne et je lance : « Oui. Et alors ?. Je n’oublierai jamais ce moment. Deux secondes avant, les journalistes se bousculaient. Après ma réponse, tout s’arrête. Il y a un silence de plusieurs secondes. Un vrai silence. Les gens ne bougeaient plus, tellement ils avaient été surpris par ma réponse. C’était la réponse de la sincérité, de la vérité. "Elio Di Rupo, qui avoue qu’il aurait pu se suicider s’il n’avait pas été innocenté dans ce dossier bidon, raconte aussi avoir vécu avec une femme. « J’ai toujours eu de la sincérité dans mes amours. Et certainement avec la femme avec laquelle j’ai vécu longtemps, et d’une manière plus que satisfaisante et heureuse. Une femme admirable. Je veux dire aussi que cela n’est pas blanc ou noir. Les attitudes sexuelles peuvent être variées en fonction de mille et un facteurs. Pour rester dans la dimension de l’homosexualité, d’abord, on ne choisit pas. Cela n’est pas une démarche ou une attitude volontaire. Cela n’est pas quelque chose que l’on décide. »