Le 22 février, Rita Henkinet comparaîtra devant la cour d’assises de Liège pour le meurtre de ses deux enfants handicapés. A quelques jours de ce procès, elle se confie à nos confrères de Paris Match qu’elle a reçu chez elle. Les vies d’Audrey (26 ans) et Arnaud (24 ans) étaient handicapées par une infirmité motrice cérébrale, cause de souffrances psychologiques et physiques. Le 2 mars 2013, cette infirmière leur a administré des médicaments et les a étouffés dans leur sommeil. Elle a ensuite absorbé des barbituriques pour mourir avec ses enfants. In extremis, elle a survécu. 

Dans un entretien dense avec le journaliste Michel Bouffioux, elle évoque un geste posé par « amour », un « devoir d’assistance ». «Je suis en paix parce que j’ai répondu à leurs attentes en posant l’acte de les sauver de cette vie de souffrance. Si j’avais le sentiment d’avoir fait du mal, je ne serais pas ici pour vous parler. Ce n’est pas la vie que je leur ai ôtée, c’est leurs souffrances que j’ai éteintes », déclare-t-elle. « Cela ne m’empêche pas de me savoir coupable de l’acte que j’ai commis aux yeux de la loi. C’est ma responsabilité, je ne l’élude pas. Mais mon besoin de mère, cette nécessité de m’ajuster à eux a été incontournable. Nous avions vécu les uns pour les autres, les uns avec les autres, nous allions partir ensemble. Je ne me sens pas coupable aux yeux de mon cœur.» Un entretien exclusif à découvrir dans l’hebdomadaire Paris Match paraissant ce jeudi.