Le rapport annuel du réseau d'accueil Fedasil fait le point sur les retours volontaires de migrants, demandeurs d’asile ou déboutés.

Le nombre de migrants ayant décidé de retourner dans leur pays d’origine est en légère hausse, ressort-il du rapport annuel 2016 publié ce mardi par Fedasil.  En 2015, 4 053 retours volontaires avaient été enregistrés contre 4267 en 2016, soit une augmentation de 5%. En 2014, 3 587 migrants avaient pris cette décision.

Les retours sont plus nombreux vers l’Europe de l’Est

Le programme de retour volontaire organisé par Fedasil et par l’Office des étrangers s’adresse tant aux demandeurs d’asile en cours de procédure, qu'aux migrants déboutés ou en séjour irrégulier, qui n’ont jamais demandé l’asile en Belgique. Ils peuvent s’adresser à un des cinq guichets de retours de Fedasil afin de faire part de leur volonté de retourner dans leur pays d’origine. Le voyage est organisé depuis la Belgique jusqu’au pays de destination et comprend l’assistance et les frais de transport, payés par Fedasil.

Les Irakiens ont été les plus nombreux à réclamer cette aide en 2016 (1062). Ils sont suivis des Ukrainiens (647) et des Roumains (618). En 2016, la région la plus sollicitée pour les retours volontaires n’était pas le Moyen-Orient mais bien l’Europe de l’Est.

Une tendance qui se confirme pour 2017. Entre janvier et mai 2017, 1731 personnes sont retournées dans leur pays d’origine. L’Irak n’est plus le principal pays de retour, c’est bien la Roumanie qui arrive en tête avec 366 retours. Elle est suivie par l’Ukraine (270).

Les Irakiens découragés par les longues procédures

Les personnes qui ont le plus sollicité l’aide de Fedasil pour retourner dans leur pays en 2016 étaient les migrants sans-papiers (1953).

Les demandeurs d’asile en cours de procédure étaient également nombreux à demander leur retour (1224) alors que leur demande d’asile était toujours en cours de traitement par l’Office des étrangers.

Les Irakiens sont les plus nombreux a avoir sollicité le retour volontaire en 2016. Ce sont principalement des hommes seuls. Souvent, ils décident de retourner car la Belgique ne correspond pas à leurs attentes. Ils avaient l’espoir de se réintégrer facilement, et de faire venir leur famille par la suite. Mais les procédures d’asile et de regroupement familial sont longues”, précise Benoît Mansy, porte-parole de Fedasil.

Près d'un migrant sur deux a reçu une prime de départ

Le programme de retour volontaire de Fedasil a également proposé une aide à la réintégration dans le pays d’origine à 46 % des personnes retournées volontairement en 2016. Elle ont pu bénéficier d’une aide matérielle afin de développer une activité professionnelle ou pour aménager un logement, parfois détruit lors des conflits. Dans certains cas, il peut s’agir d’un soutien financier pour des frais médicaux.

Entre mai et septembre 2016, les Irakiens et les Afghans qui sont retournés volontairement ont pu bénéficier d’une prime doublée. “Il s’agit d’une volonté du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA). Il s’agit d’un incitant financier pour pousser ces personnes à retourner dans leur pays d’origine avec une prime deux fois plus élevée”, ajoute le porte parole du réseau d’accueil.