Un sondage effectué (auprès de 2 898 personnes) pour le compte de "La Libre" par la société Dedicated montre que la crainte des Belges à l’égard de l’existence d’une menace terroriste reste vive. On les avait déjà interrogés à ce propos en mars 2015, à la suite de l’attentat contre "Charlie Hebdo" et le démantèlement d’une cellule djihadiste à Verviers, deux événements qui s’étaient produits en janvier.

A l’époque, alors que l’on commençait à décrire la Belgique comme une base arrière du terrorisme, 19 % des sondés avaient estimé que la Belgique était très fortement exposée à une menace terroriste; 50 % qu’elle l’était assez fortement; 30 % qu’elle l’était plutôt peu et 3 % que ne l’était pas du tout.

Un an après les attentats de Bruxelles, ces pourcentages sont respectivement de 18, 59, 22 et 2 %. Bref, 77 % des sondés parlent aujourd’hui d’une menace forte voire très forte contre 69 % en 2015. C’est à Bruxelles que la crainte est la plus élevée avec un quart des sondés qui croient à une menace très forte contre 15 % en Flandre et 20 % en Wallonie (4 % de moins qu’en 2015).

Et c’est en Flandre que l’appréhension est la moins grande, avec 26 % des personnes interrogées qui jugent que la Belgique est peu ou pas exposée contre 24 % de Bruxellois et 20 % de Wallons.

Les craintes de voir la menace terroriste augmenter dans les prochains mois sont en revanche moins grandes en 2017, avec 10 % de répondants parlant d’un risque fort et 21 % évoquant un risque faible, contre respectivement 14 % et 26 % en 2015. Cependant, 36 % des Bruxellois (contre 39 % il y a deux ans) croient à un renforcement de la menace pour 34 % des Wallons (46 % en 2015) et 27 % des Flamands (36 % en 2015). On le voit : le pessimisme est plus grand dans la capitale qu’ailleurs et il décroît de façon moins forte. Cela dit, 55 % considèrent que la menace restera ce qu’elle est actuellement, ce qui n’est pas indifférent.


Trop sévères avec les musulmans

A propos des raisons qui expliqueraient pourquoi la Belgique est exposée au terrorisme, on prendra connaissance de l’infographie publiée ci-dessus. Un résultat intrigue : en 2015, 12 % des sondés (13 % en Flandre, 11 % à Bruxelles et 10 % en Wallonie) considéraient que la Belgique est excessivement répressive avec les intégrismes religieux. Ces pourcentages sont montés à 20 % pour le pays (22 % en Flandre, 20 % à Bruxelles, 17 % en Wallonie). Même renforcement du sentiment que la Belgique ne respecte pas les musulmans qui vivent sur son territoire, ce qui pourrait nourrir le ressentiment de certains d’entre eux.

Les Wallons demandeurs de mesures musclées

Bien plus qu’en 2015, les sondés évitent certaines destinations de vacances (27 %), les lieux publics dans les grandes villes (23 %), les spectacles jugés à risque (17 %), les cibles potentielles (16 %), certains quartiers de leur ville (15 %) et les transports en commun (15 %).

Soixante pour cent (62 % en 2015) jugent normales les mesures de sécurité adoptées par les pouvoirs publics alors que 18 % (24 à Bruxelles) les estiment exagérées et 23 % (25 à Bruxelles) les disent insuffisantes.

Enfin, 49 % des personnes interrogées (53 % en Flandre, 41 % en Wallonie) considèrent que le gouvernement a pris des mesures suffisantes pour contrer le terrorisme alors que 41 % (36 % de Flamands, 42 % de Bruxellois, 48 % de Wallons) affirment le contraire. Les Wallons se montrent clairement plus critiques que les autres. Et une large part de la population semble favorable à une intensification de la lutte antiterroriste.