Faut-il rouvrir les écoles en priorité ? "Quelque chose se produira en mai"

Dans une interview accordée à La Libre, l’épidémiologiste Yves Coppieters (ULB) estime qu'il est temps de "donner des dates" car "il faut vraiment projeter les gens dans le temps, car sinon tout le monde va devenir nerveux".

Faut-il rouvrir les écoles en priorité ? "Quelque chose se produira en mai"
©BAUWERAERTS DIDIER
Rédaction (avec Belga)

Les discussions vont viser à "mettre au point une stratégie" qui devrait encadrer la réouverture des écoles.

Les Belges attendent beaucoup du Conseil national de sécurité qui se réunit ce mercredi sur le coup de 14h30. La Première ministre, les ministres-Présidents des entités fédérées, les ministres compétents ainsi que des experts devront décider jusqu'à quand les mesures de confinement s'appliquent selon le nombre d’hospitalisations et d'admissions en soins intensifs.

Dans une interview accordée à La Libre, l’épidémiologiste Yves Coppieters (ULB) estime qu'il est temps de "donner des dates" car "il faut vraiment projeter les gens dans le temps, car sinon tout le monde va devenir nerveux".

Selon ce spécialiste en santé publique, les écoles ne sont sans doute pas prioritaires pour une réouverture, même si le sujet est complexe : "Relancer les écoles, c’est surtout relancer l’économie, et permettre aux parents de retrouver le monde du travail, donc c’est intéressant. Mais si l’on regroupe des enfants pendant un mois et demi, ces enfants vont augmenter la transmission du virus. Même si eux ne vont a priori pas développer de formes graves, ils risquent de ramener le virus à la maison et de le transmettre à des populations plus à risque."

"Quelque chose se produira en mai", d'après Di Rupo

A en croire le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, la réouverture des écoles aura lieu à une date indéterminée "en mai". "Quelque chose se produira avec les écoles au mois de mai. A quel moment, on ne le sait pas encore. Mais cela ne se fera pas n'importe comment", a expliqué M. Di Rupo (PS) sur la chaîne d'information en continu LN24, prévoyant un "retour à l'école de manière progressive".

Avec les ministres compétents, entre autres la ministre de l'Education de Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir (PS), les discussions vont viser à "mettre au point une stratégie" qui devrait encadrer cette réouverture des écoles. "Il faudra du matériel", précise Elio Di Rupo, qui évoque l'éventuel port du masque dans les établissements scolaires.

"De la douce illusion", selon François Desquesnes

Le cdH, dans l'opposition en Wallonie et en FWB, a déjà indiqué que c'est encore trop tôt, selon lui, pour envisager d'envoyer à nouveau les enfants à l'école. "Imaginer la réouverture des écoles alors qu'on n'est pas, aujourd'hui, capable de gérer la situation dramatique dans les maisons de repos, c'est de la douce illusion", estime le député François Desquesnes, chef de groupe humaniste au parlement wallon, interrogé mercredi sur LN24 également.

Selon lui, les conditions ne sont actuellement pas remplies pour permettre une reprise sereine des cours. La pandémie est encore trop présente, avec un nombre important d'hospitalisations, et il faudrait avant tout être capable de dépister bien plus largement le coronavirus, pour isoler les cas et soigner. Actuellement, "on n'est pas assez armé", constate-t-il.

Les syndicats du secteur de l'enseignement ainsi que des organisations représentatives des parents et des élèves avaient émis mardi un communiqué commun, s'inquiétant d'une possible "relance prématurée des cours".

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