Rentrée scolaire : des règles anti-Covid différentes à Bruxelles et en Wallonie

La rentrée des classes se fera en présentiel pour tous. Le port du masque dans les écoles sera plus strict en région bruxelloise qu’en Wallonie et en Flandre.

A.C

Fini les cours à distance. Tous les élèves retrouveront les bancs de l’école à temps plein dès la rentrée scolaire. La ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS), et les acteurs de l’enseignement ont déterminé mardi matin les règles anti-Covid qui seront d’application dans les écoles à partir du 1er septembre, sur la base de l’avis des experts remis la veille. Si l’hybridation (alternance entre cours à distance et à l’école) prend fin, des règles sanitaires persistent. Il est essentiellement question du port du masque, qui sera assoupli en Wallonie (et en Flandre), mais à pas Bruxelles, où c’est le statu quo par rapport à juin.

Les ministres de l’Éducation (francophone, flamand et germanophone) ont opté pour une approche différenciée entre les régions en raison de la situation épidémiologique plus problématique à Bruxelles. Le taux de vaccination y est, en effet, moindre et la hausse des contaminations et des hospitalisations davantage marquée qu’en Flandre et en Wallonie. Avec l’émergence du variant Delta du coronavirus et le retour des vacances, les experts craignent que la situation épidémiologique se dégrade, ce qui justifie le maintien de mesures sanitaires partout, mais plus encore dans les écoles de la région bruxelloise.

Voici ce qui a été décidé :

Dans l’enseignement fondamental :

- En Wallonie, la règle est similaire à celle en vigueur dans l’HORECA : le masque est obligatoire dans les espaces intérieurs pour les membres du personnel dans tous les contacts qui ont lieu lorsqu’ils sont en mouvement ou qui ont lieu en dehors de la classe (exemples : circuler dans la classe pendant le cours dans l’enseignement primaire, circuler dans les couloirs, temps passé dans la salle réservée aux membres du personnel en dehors de la consommation des repas, etc. ); le masque peut par contre être enlevé par les membres du personnel lorsqu’ils sont installés pour le cours, pour une réunion ou encore lors de la consommation des repas ;

- A Bruxelles, le masque reste obligatoire à l’intérieur pour les adultes (membres du personnel, tiers extérieurs, etc.) lors de tout contact (avec des adultes comme avec enfants) dans l’enseignement primaire et exclusivement lors des contacts entre adultes dans l’enseignement maternel.

Les élèves ne doivent porter le masque en aucune circonstance.

Dans l’enseignement secondaire :

- En Wallonie, la règle est similaire à celle en vigueur dans l’HORECA : le masque est obligatoire dans les espaces intérieurs pour les membres du personnel et pour les élèves dans tous les contacts qui ont lieu lorsqu’ils sont en mouvement ou qui ont lieu en dehors de la classe (exemples : circuler dans la classe pendant le cours, circuler dans les couloirs, temps passé dans la salle réservée aux membres du personnel en dehors de la consommation des repas, etc. ); le masque peut par contre être enlevé par les membres du personnel et par les élèves lorsqu’ils sont installés pour le cours, pour une réunion ou encore lors de la consommation des repas ;

- A Bruxelles, le masque reste obligatoire à l’intérieur pour les adultes (membres du personnel, tiers extérieurs, etc.) et pour les élèves lors de tout contact, en ce compris pendant le temps de classe.

Une attention accrue accordée à la ventilation des locaux

Tant à Bruxelles qu’en Wallonie, une attention particulière doit être accordée à la ventilation des locaux (cantines, salles réservées aux membres des personnels, salles de classe, etc.). Au-delà des mesures détaillées sur la ventilation actuellement d’application, conçues pour garantir le respect des normes de CO2 (sous les 900ppm), il est également recommandé de solliciter une analyse de risques auprès du Comité pour la prévention et la Protection au travail (CPPT), ou à défaut avec le Service Interne pour la Prévention et la Protection au Travail (SIPPT). Ceux-ci pourront mesurer la qualité de l’air dans les locaux et proposer, le cas échéant, des protocoles d'aération plus stricts, adaptées à la configuration observée dans l’école.

Toutes ces mesures devront être validées par le Comité de concertation qui se réunit ce vendredi. Elles sont valables jusqu’à la fin du mois de septembre et feront l’objet d’une évaluation avec les experts sanitaires et les acteurs de l’enseignement avant cette échéance. Un des critères essentiels dans le cadre de cette évaluation sera l’évolution du taux de vaccination. La Fédération Wallonie-Bruxelles s’est d’ailleurs mise à la disposition des autorités compétentes en la matière pour offrir tout appui utile dans l’information des jeunes sur la vaccination.

La Ministre dit qu'elle continuera à travailler, dans les semaines et mois qui viennent, "en étroite collaboration avec les acteurs de l'enseignement et les autres niveaux de pouvoir, avec l'objectif de maintenir au maximum l'enseignement en présentiel à 100% et d'améliorer tant que faire se peut les conditions de travail des enseignants et le bien-être des élèves".

Les syndicats CGSP et la CSC Enseignement ont ainsi estimé, mardi, qu’il faudra renforcer la sensibilisation à la vaccination en milieu scolaire, surtout à Bruxelles. La Fédération Wallonie-Bruxelles entend jouer un rôle à cet égard.

L'application des règles de l'Horeca concernant le port du masque dans les écoles de Wallonie semble logique aux yeux des syndicats. "À Bruxelles, malheureusement, les chiffres de vaccination sont dramatiques" et n'autorisent pas un tel assouplissement. "C'est une application du principe de précaution même si ce sera pénible pour nos enseignants", a réagi le président de la CGSP, Joseph Thonon, auprès de Belga. Selon son collègue de la CSC Roland Lahaye, "si le vaccin est le seul rempart, il faudra peut-être que les politiques envisagent sérieusement une obligation, sinon on risque d'être reparti pour un tour."

Comment expliquer ces différences ?

Dans le communiqué, Caroline Désir justifie cette différence de traitement par les "importantes disparités régionales" dans la campagne de vaccination :

"D’une part, les taux de vaccination sont largement inférieurs à Bruxelles qu’en Wallonie. A ce jour, les taux de vaccination chez les plus de 18 ans (1ère dose) sont en effet respectivement de 80% en Wallonie et 63% à Bruxelles. Les taux de vaccination des 12-17 ans (1ère dose) sont respectivement de 53% en Wallonie et de 20% à Bruxelles.

D’autre part, avec l’émergence du variant Delta, les contaminations et les hospitalisations ont commencé à augmenter ces dernières semaines, avec également de fortes différences régionales. A titre d’exemple, le taux d’incidence en région bruxelloise est, sur les 14 derniers jours, monté à 451 cas pour 100.000 habitants alors qu’il est de 160 en Wallonie.

Cette tendance se poursuit et les experts craignent qu’elle continue à s’accroître avec les retours de voyages à l’étranger à la fin de la période de vacances, surtout là où la vaccination est moins avancée."

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