"Si très vite l'école ne revient pas à ce qu'elle doit être, je crains le pire"

Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement, était l'invité de Maxime Binet sur DH Radio ce mardi matin.

Ce mardi matin, dans son émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio, Maxime Binet recevait Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement. L'occasion de revenir sur plusieurs problématiques.

Roland Lahaye a d'abord évoqué le rôle que l'école peut jouer au niveau de la vaccination. "C'est une question extrêmement compliquée quand on sait les oppositions qui peuvent exister dans la société entre les pro-vaccins, les contre-vaccins et tous ceux qui font partie de la bulle des indécis. Pour ma part, je pense que l'école a un rôle à jouer dans l'information sur la vaccination, pour expliquer et dédramatiser chez les jeunes ce qu'est l'origine d'un vaccin, comment on arrive à fabriquer un vaccin et surtout pourquoi ce vaccin Covid a été produit aussi rapidement."


Le secrétaire général de la CSC Enseignement est persuadé que l'école peut aider à améliorer le retard dans la vaccination à Bruxelles. "Il y a toute une série de jeunes qui avaient des difficultés à se faire vacciner dans les centres parce qu'il fallait prendre rendez-vous, se déplacer etc. Je pense que si la vaccination vient aux élèves, ce n'est pas une mauvaise chose. A partir du moment où les jeunes le font sur base volontaire, je ne vois pas ce que cela pourrait apporter comme problème. Puis vacciner les jeunes à l'école, cela se fait déjà! Donc oui, l'école à Bruxelles a un rôle à jouer dans la vaccination des jeunes."

A la question "faut-il rendre obligatoire le vaccin aux enseignants et personnel des écoles, Roland Lahaye déclare être pour "toutes les solutions concertées qui permettront à l'école de retrouver sa normalité".


La rentrée scolaire, c'est déjà dans quelques jours. L'école est-elle prête? "Je ne sais pas si elle est prête", explique Roland Lahaye. "Les dispositions ont en tout cas été envoyées par la ministre. Alors on peut éventuellement regretter des différences entre les Régions, puisqu'on sait que les règles sanitaires ne seront pas les mêmes à Bruxelles qu'en Wallonie, concernant le port du masque par exemple."

Et peut-on imaginer l'instauration d'un pass sanitaire pour enlever le masque à l'école à Bruxelles?

"Il faudra utiliser tous les moyens pour redonner à l'école toute sa normalité"

, réagit notre invité.

"Cela fait près de deux ans que l'école souffre. Cela a créé, au niveau des conditions de travail des personnels, des difficultés extrêmes. Cela a créé, au niveau de la santé mentale des profs et des élèves, un impact non négligeable. Si très vite l'école ne revient pas à ce qu'elle doit être, je crains le pire".

"Il faut mettre en suspens certaines mesures du Pacte d'excellence"

Roland Lahaye s'est également montré très critique à l'égard du fameux Pacte d'excellence. "Non seulement les ambitions de ce Pacte ne sont pas rencontrées", explique-t-il. "Ou alors, il a pris une direction qui n'était pas celle de départ. Ce que je regrette, c'est qu'aujourd'hui, alors que les enseignants souffrent de la pandémie, alors que sont venues s'ajouter les inondations, le turbo et la pression continuent à être placés alors qu'il y a plein d'autres choses à faire."

Ne faudrait-il pas dés lors mettre en suspens certains éléments de ce Pacte pour permettre aux enseignants de récupérer? Roland Lahaye l'approuve et estime que l'on va "un peu trop vite dans le contexte actuel". "Le contexte d'aujourd'hui n'est plus celui d'il y a trois ans. A un moment donné il faut reprendre son souffle." Et l'invité de prendre l'exemple des rythmes scolaires. "A ce niveau, on met une cadence infernale pour atteindre l'objectif en 2022. Moi je dis que si l'on veut une réformeambitieuse, il faut se donner le temps de la réussite. Il y a encore aujourd'hui beaucoup de questions sans réponse. Nous sommes dans un petit pays avec trois communautés qui semblent ne pas s'accorder sur la modification des rythmes scolaires. Or il y a des enseignants qui travaillent pour deux communautés et qui auront des rythmes différents qui les empêcheront d'avoir des congés comme ils sont prévus."


Notons que Roland Lahaye a également évoqué le cas des écoles sinistrées. "Je ne pense pas que la rentrée puisse être décalée dans les écoles victimes des inondations. Tous les élèves ne pourront peut-être pas être accueillis dans leurs établissements d'origine, mais il faudra de ce point de vue là être attentif à ce que l'administration et la ministre vont décider pour qu'il n'y ait pas à souffrir de cette situation."