Les parents de l’école libre disent non au projet de nouveau décret inscription

Les changements prévus ne changeront rien à une "situation imbuvable” selon l’Ufapec. Comme chaque année, plusieurs dizaines d'élèves sont toujours sans école pour rentrer en première secondaire.

Les parents de l’école libre disent non au projet de nouveau décret inscription
© Reporters / QUINET

Parmi les gros dossiers sur la table du gouvernement se trouve la modification de l'actuel décret Inscription qui réglemente les inscriptions en première année secondaire. Il est important de rappeler que ce décret vise à réguler l'attribution des places disponibles là où la demande excède l'offre. Pourtant, cette année encore à l'approche de la rentrée, des dizaines d'élèves se retrouvent sans école, faute d'avoir décroché une place dans l'un des établissements de leur choix : une "situation imbuvable" pour l'Ufapec (l'Union des fédérations d'associations de parents de l'enseignement catholique).

Ni le décret Inscription, ni une révision de celui-ci, ni son abrogation, ne permettront de garantir à chaque parent qu’il sera possible d’inscrire son enfant dans l’école qui a sa préférence. Mais tant que l’offre de places et l’attractivité des écoles à plus faible taux d’occupation ne seront pas renforcées, il faudra bien appliquer des règles pour départager les candidats.

La refonte de l’actuel décret est donc annoncée dans la déclaration de politique communautaire. Un avant-projet de décret est en discussion depuis plusieurs mois au sein du gouvernement et il a fait l’objet de consultations avec les acteurs. La ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS), souhaite le faire passer à temps pour modifier la procédure des prochaines inscriptions qui commence en janvier-février prochains pour la rentrée 2022. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Ufapec n’en veut pas. Pas comme ça.

“Ce texte doit être revu en profondeur”

Les grands principes sont connus depuis l'approbation du texte en première lecture au gouvernement en mars dernier. La nouvelle procédure reposera toujours sur le dépôt d'un formulaire unique d'inscription (FUI), l'application de priorités clairement identifiées et le calcul d'un indice composite. Mais plusieurs modalités sont modifiées.

Au quota d’élèves issus d’écoles à indice socioéconomique faible, obligatoire dans chaque école, s’ajoute par exemple un quota d’élèves issus d’écoles à indice plus élevé. En outre, une procédure simplifiée sera en place pour les écoles présumées incomplètes. Pour les autres, dix instances décentralisées analyseront les demandes et classeront les prétendants en fonction de leur indice. Quelques éléments de celui-ci ont aussi été réaménagés.

"Nous espérons que ce texte ne sera pas voté en l'état, tranche catégoriquement Bernard Hubien, le secrétaire général de l'Ufapec. Il doit être revu en profondeur." D'abord, explique-t-il, les parents veulent que leurs choix soient valorisés dans le calcul de l'indice composite. "Certes, le gouvernement diminue l'importance du critère lié à la distance entre le domicile et l'école primaire fréquentée au moment de l'inscription, mais cela ne donne toujours pas assez de poids aux choix des parents."

“Cela introduit encore plus d’inéquité”

Deuxième problème : l'attribution des places, la gestion des listes d'attente et le traitement des circonstances exceptionnelles par des instances décentralisées. "Cela introduit encore plus d'iniquité car il se pourrait qu'un dossier soit accepté ici alors qu'il serait refusé là. L'un des objectifs du décret est pourtant de traiter les demandes équitablement."

Enfin, pour l'Ufapec, l'existence de ces dix commissions décentralisées en lieu et place de la seule Ciri demandera à l'association de multiplier les représentants des parents. "Nos moyens ne nous le permettent pas, le gouvernement le sait : va-t-il persister à éliminer de fait les représentants des parents dans le traitement des recours ?" Et Bernard Hubien ajoute : "Notre rôle y est vraiment important. Et c'est du travail. Rien que cette année, nous avons reçu 540 dossiers de recours : encore plus que d'habitude."

Pour toutes ces raisons, l'Ufapec considère qu'il sera impossible de changer de système pour les prochaines inscriptions. "D'autant qu'il faudra laisser un temps suffisant d'information et d'explication de la nouvelle procédure aux parents", conclut-il.

Positions de rentrée

Rythmes scolaires.À l'occasion de sa conférence de presse de rentrée, l'Ufapec a pris position ce jeudi sur plusieurs autres dossiers. Si elle soutient l'idée d'une réforme des rythmes scolaires, elle recommande de tenir compte des autres communautés et de l'enseignement supérieur, de réorganiser l'extrascolaire et de revoir les modalités d'évaluation et de jours blancs.

Pacte d'excellence.L'Ufapec insiste pour qu'aucun pan de cette réforme systémique ne soit abandonné, l'après tronc commun en particulier.

À propos d'orientation, un groupe de travail a planché sur la question. Dans la perspective des prochaines Assises de l'orientation annoncées pour le 25 novembre, il émet quelques recommandations dont la disparition pure et simple de l'attestation "AOB" de réussite à condition de se réorienter.

Sur le même sujet