Caroline Désir évoque un problème actuel dans la crise sanitaire: "Il n'est pas insoluble, mais l'école doit prendre ses responsabilités dans ce combat"

Le 1er septembre est évidemment synonyme de rentrée scolaire. A cette occasion, Caroline Désir était l'invitée de Maxime Binet dans l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

Caroline Désir évoque un problème actuel dans la crise sanitaire: "Il n'est pas insoluble, mais l'école doit prendre ses responsabilités dans ce combat"
©D.R.
La Rédaction

Depuis deux ans, le milieu scolaire n'a pas été épargné par différentes crises. Générées notamment par la situation sanitaire. A l'occasion de la rentrée de ce 1er septembre, la ministre de l'Enseignement obligatoire de la fédération Wallonie-Bruxelles est tout d'abord revenue sur la vaccination à l'école. Clairement, pour l'élue, l'école a un rôle clé à jouer. "Oui, l'école doit devenir un lieu de vaccination. Car elle doit prendre part à la campagne pour vaincre cette pandémie", a-t-elle commencé. "Tout le monde connaît la situation à Bruxelles. Environ 25% des 12-17 ans sont vaccinés en première dose. Ces chiffres grimpent à 77% en Flandre et 57% en Wallonie. Ce n'est pas un problème insoluble mais l'école doit prendre ses responsabilités dans ce combat."


Autre sujet fâcheux: la vaccination obligatoire du corps enseignant. Selon elle, le débat doit exister. "Il ne faut pas exclure cette possibilité. Mais isoler les enseignants ne serait pas utile. Selon certaines études, nous avons besoin d'une base vaccinale de 90% pour maîtriser le variant delta. Cela passera donc par une vaccination massive", a-t-elle expliqué.

"Les experts nous ont préconisé de changer les rythmes"

L'an prochain, plusieurs réformes verront le jour dans le cadre du pacte d'excellence. Plusieurs d'entre elles soulèvent l'incompréhension. Dont celle des rythmes scolaires. En d'autres mots, le programme scolaire ne sera plus identique à ce que l'on connait actuellement. Avec un corps enseignant à bout de souffle à cause de la crise sanitaire, fallait-il repousser cette initiative? "Non je ne crois pas. Nous avons travaillé avec des experts et ils nous ont préconisé de changer les rythmes pour obtenir des meilleures périodes de récupération."


Selon le gouvernement, cette réforme va dans le sens des enfants et des enseignants. "Nous devons garder le cap. Car dans un an, les mêmes questions se poseront de la même manière. On doit simplement répondre aux différentes questions cas par cas. Que ce soit pour le secteur de l'accueil extra-scolaire, des mouvements de jeunesse ou du payement des enseignants temporaires. Ce sont toutes des questions que l'on doit régler dans le temps. Mais il n'est pas question de postposer cette réforme."

Malgré la crise sanitaire, la mise en place de ce pacte d'excellence n'est pas à l'arrêt. Pour Caroline Désir, il a pour but "d'améliorer la qualité de notre enseignement. Mais surtout de limiter les inégalités scolaires qui ont été créées jusqu'à aujourd'hui." Plus que jamais, ces objectifs sont d'actualité. "Les plus défavorisés sont les plus touchés par la crise. Avec la digitalisation, des écarts se sont creusés car tout le monde n'a pas accès à cette technologie. Le pacte travaille sur 17 chantiers. N'oublions pas que c'est une réforme envisagée sur 15 ans. Cela fait cinq ans que nous travaillons dessus ce qui signifie qu'il nous reste 10 ans pour la mettre en place."

"C'était une zone de guerre"

Outre la crise sanitaire, les inondations ont également créé de nouveaux problèmes à gérer. Mais la ministre a assuré qu'elle allait faire preuve de souplesse afin d'aider au maximum les écoles et les enseignants dans le besoin. Elle a surtout tenu à remercier les équipes pédagogiques. "Sans elles, on ne peut rien faire. Elles ont été très présentes pendant les deux années très difficiles. Elles répondent présentes alors qu'elles sont critiquées. J'ai pu me rendre dans des établissements scolaires dans certaines écoles sinistrées. La situation était cataclysmique. C'était une zone de guerre. J'ai vu des équipes pédagogiques en botte qui avait vu leur maison dévastée mais qui se sont battues pour que les écoles ouvrent leurs portes."