"La ministre Glatigny est convaincue que sa réforme va induire un changement de mentalité, mais c'est une fausse vérité"

Ce mardi, le nouveau président de la Fédération des étudiants francophones (FEF), Lucas van Molle, était l'invité de DH Radio.

Ce lundi 13 septembre marquait le début d'une nouvelle année académique dans les établissements d'enseignement supérieur. Cette rentrée se faisait à 100% en présentiel dans les auditoires. Pour Lucas van Molle, le nouveau président de la FEF, c'est un soulagement: "C'était essentiel pour la santé mentale des étudiants et leur parcours".

Si Lucas van Molle se réjouit de ce retour à la normale, il souligne néanmoins les traces qu'a laissées la crise sanitaire. "Au plus fort de la crise, l'année passée, c'est 80% des étudiants qui étaient dans une situation de fragilisation psychologique. Donc il faut les accompagner au niveau de leur parcours académique, mais pas uniquement. Il faut aussi mettre en place un soutien psychologique", met en garde le président de la FEF, qui appelle à un refinancement total de l'enseignement supérieur.

"Une fausse vérité"

Cette rentrée académique est également la dernière avant l'entrée en vigueur du nouveau Décret paysage. En effet, la semaine dernière, la réforme, prévoyant notamment la réussite des 60 premiers crédits en deux ans, a été adoptée en seconde lecture par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une réforme que la FEF dénonce vigoureusement: "Cette réforme part d'une fausse vérité. La ministre est convaincue que sa réforme va induire un changement de mentalité. Or, ce que nous dénonçons, c'est que la réussite dans l'enseignement supérieur n'est pas une question de stratégie ou de mentalité. Pour la majorité des étudiants, c'est une question de bagage culturel et de moyens financiers", détaille Lucas van Molle.

"Les inégalités sont énormes et le Décret paysage va juste les renforcer et va avoir pour effet d'exclure de enseignement supérieur les étudiants les plus défavorisés", déplore-t-il.

"La réforme part de cette idée de vouloir responsabiliser les étudiants. Mais la majorité des étudiants ne sont pas responsables de leur échec. Un étudiant qui jobbe pour payer ses études - et c'est le cas d'un étudiant sur 4 en FWB - il a 43% de moins de chance de réussir ses études. Le problème, il est dans la condition sociale des étudiants", explique Lucas van Molle, qui regrette une "élitisation" de l'enseignement supérieur.