Réforme de la formation initiale des enseignants: Jeholet ne veut pas négocier une revalorisation des barèmes pour les profs formés en 4 ans

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), n'entend pas négocier avant la fin de son mandat une revalorisation des barèmes pour les instituteurs et les régents qui seront bientôt formés en quatre ans, contre trois aujourd'hui.

BELGA

"Moi, d'ici 2024, je ne prendrai pas la responsabilité de mettre à charge de la Fédération un coût oscillant entre 300 millions et un milliard d'euros par an pour revaloriser la formation initiale des enseignants", a averti le libéral, interrogé lundi lors de la matinale de La Première (RTBF).

"C'est impayable et ce n'est pas possible", a-t-il jugé.

La Fédération Wallonie-Bruxelles entend porter, dès la rentrée prochaine normalement, la formation initiale des enseignants de trois à quatre années. Les premiers profs formés en quatre ans seront donc théoriquement diplômés en 2026.

Les syndicats réclament toutefois que ces enseignants, qui auront réalisé une année d'études en plus, soient à l'avenir mieux payés que ceux formés en trois ans seulement.

Ils espéraient pouvoir mener cette négociation sous cette législature encore, mais Pierre-Yves Jeholet n'entend donc pas mener ce débat.

Le principe d'une revalorisation des salaires pour des profs formés plus longuement avait été politiquement approuvé par l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), à l'origine de cette réforme, mais sans s'engager sur de quelconques montants.

Selon M. Jeholet, les comparaisons internationales montrent que les enseignants de la FWB ne sont aujourd'hui pas moins rémunérés que leurs homologues des pays développés.

Le ministre-président s'est toutefois dit ouvert lundi à lancer le débat, mais après 2024, sur une revalorisation des enseignants en échange d'une "compensation", a-t-il plaidé.

Il s'est notamment demandé si les profs ne pourraient pas travailler "une heure de plus", ou s'il ne serait pas possible de revoir les normes d'encadrement (le nombre de profs nécessaire par élèves, ndlr) dans l'enseignement.

Interrogé sur cette sortie du ministre-président, Joseph Thonon, de la CGSP-Enseignement, y a vu "une déclaration de guerre" de Pierre-Yves Jeholet.

"Je ne sais pas si c'est une prise de position personnelle ou la position officielle du gouvernement. Mais former en quatre ans sans revaloriser les salaires, je ne vois pas en quoi cela va apporter quelque chose à la pénurie des profs ou la revalorisation du métier", réagit-il.

Et le syndicaliste de rappeler que rallonger la formation et revaloriser les salaires, "c'était lié!".

Contacté par Belga, le vice-ministre-président du gouvernement de la FWB, Frédéric Daerden (PS), s'est distancié des déclarations matinales de M. Jeholet.

"Pour les ministres PS, ce barème, qui valorise le métier, reste une condition de réussite de la réforme et ils continueront à la défendre comme une priorité", a commenté M. Daerden.

Avant d'ajouter: "rappelons qu'il reste du temps puisque les premiers diplômés ne sortiront pas avant 2026".

Sur le même sujet