Des auditoires bondés, des étudiants assis par terre: les conséquences du boom des inscriptions

Chaque année, de plus en plus d'étudiants s'inscrivent dans l'enseignement supérieur. Mais les infrastructures ne suivent pas toujours.

Ces derniers temps, plusieurs photos circulant sur les réseaux sociaux ont montré des auditoires bondés dans les établissements du supérieur. Dans les images ci-dessous, tournées à l'ULB au début du mois, on peut voir des étudiants assis sur les escaliers et d'autres debout à l'arrière de l'auditoire.

Même constat dans un reportage tourné par RTL-TVi à la Haute Ecole Léonard de Vinci à Bruxelles et diffusé ce mardi. Là aussi, les étudiants sont contraints de s'asseoir par terre et même... d'assister au cours en distanciel alors qu'ils se trouvent à quelques mètres à peine de la salle de classe. "C'est compliqué, on est à côté de l'auditoire mais on ne peut pas être en classe", déplore une étudiante en BAC1 de Kiné.

"Il ne faut pas arriver en retard pour être sûr d'avoir une place. (...) La dernière fois, on est arrivé à 8h03 et on a dû se mettre dans les escaliers parce que toutes les places étaient déjà prises", expliquaient il y a plusieurs jours des élèves en première année à l'ULB à la RTBF.

Le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter

En réalité, ce problème est rencontré surtout dans les cours de première année, et est dû au trop grand nombre d'élèves inscrits dans certaines filières. Comme nous vous l'expliquions lors de la rentrée universitaire, le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter. Les statistiques de l'Ares (la coupole du supérieur) montrent qu'entre 2014-2015 et 2019-2020 le supérieur non universitaire est passé de 95 303 à 99 980 étudiants (+5 %). Les universités transmettent moins vite leurs données mais on voit que, là, les cohortes ont grossi de 91 887 étudiants en 2014-2015 à 101 844 têtes en 2018-2019 (+10 %).

De façon générale, toutes les écoles supérieures ont connu une hausse des étudiants inscrits cette année. Pour certaines d'entre elles, cela signifie qu'elles ne sont plus en mesure de proposer des salles de classe assez grandes pour accueillir tous les étudiants, ce qui a bien évidemment des conséquences sur l'apprentissage. Pour rappel, un décret de 1970 interdit aux établissements de refuser des nouveaux inscrits (sauf en médecine par exemple, où un examen d'entrée est mis en place).

Un refinancement censé apporter des solutions

Pour tenter de venir en aide aux hautes écoles et universités, la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé lundi d'accélérer et d'augmenter le refinancement qu'il avait prévu pour l'enseignement supérieur. En début de législature, la majorité PS-MR-Ecolo avait convenu de refinancer ce secteur à hauteur de 50 millions d'euros structurels à l'horizon 2024. Cet objectif sera finalement atteint dès 2022 déjà, et relevé à 70 millions en 2023, et même 80 millions en 2024.

"Ces moyens financiers supplémentaires permettront d'améliorer l'encadrement des étudiants, la qualité des formations proposées et l'accessibilité de notre enseignement supérieur", conclut sa ministre de tutelle, Valérie Glatigny (MR). Pour la Fédération des Etudiant.e.s francophones, ces montants restent toutefois inférieurs à ce qu'il faudrait réellement pour améliorer la situation. "Cela va dans le bon sens, mais c'est insuffisant." Faudra-t-il en arriver à multiplier les examens d'entrée pour limiter le nombre d'inscrits dans le supérieur?