De plus en plus d'étudiants du supérieur font appel aux aides de leur école: "Parfois un ou deux contacts suffisent pour débloquer une situation"

Nous avons sondé les services d'aide de trois universités : l'UCLouvain, l'ULB et l'ULiège afin qu'ils dressent le bilan des soutiens demandés et mis à disposition des étudiants.

De plus en plus d'étudiants du supérieur font appel aux aides de leur école: "Parfois un ou deux contacts suffisent pour débloquer une situation"
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Depuis la rentrée, comme tous les ans, les différents services d'aide des universités et hautes écoles sont littéralement pris d'assaut par les étudiants désireux de bénéficier des coups de pouce mis à leur disposition. "En début d'année, les étudiants viennent surtout pour les aides sociales et financières", explique Xavier Boeve, responsable du service social étudiants de l’ULB. Par "aides sociales et financières", on entend des réductions de frais d'inscription, des aides au logement (priorité dans les kots de l'université, réduction de loyers), des aides alimentaires, des aides à l'achat de matériel (syllabus, ordinateur), des remboursements de soins qui ne seraient pas couverts par la mutuelle, etc.

"On n'a pas encore les chiffres donc il est difficile de faire des comparaisons avec les autres années, mais je pense quand même qu'on a dépassé le nombre de demandes de l'année dernière. Actuellement, tous les rendez-vous sont déjà pris jusqu'au mois prochain même si, bien sûr, on peut toujours libérer des créneaux pour les cas d'urgence."

A l'UCLouvain également, "toutes les équipes sont très sollicitées", détaille Florence Vanderstichelen, directrice du service d’aide aux étudiants. "Le vrai boom a toutefois eu lieu pendant la période Covid. A ce moment-là, on a aidé financièrement des centaines d'étudiants qui ne venaient pas d'habitude".

A l'ULiège, la situation est encore différente puisque de nombreux étudiants ont souffert des inondations des 14, 15 et 16 juillet derniers. "Beaucoup d'étudiants ont vécu les inondations de manière très forte. Pour eux, on a mis en place des aides exceptionnelles, comme le report de leur session d'examens afin de leur laisser le temps d'étudier. Ces étudiants sinistrés sont nombreux à venir nous voir pour de l'aide financière mais aussi psychologique", détaille Dominique Duchâteau, directrice des affaires étudiantes à l'ULiège.

"Deux fois plus de demandes de soutien psychologique"

Au-delà du coup de pouce financier, les différentes écoles de l'enseignement supérieur proposent en effet un soutien psychologique ponctuel. Là encore, cette aide est assez vaste et peut aller de l'accompagnement d'un étudiant trop stressé par ses examens à un étudiant qui a des problèmes familiaux en passant par un jeune qui souhaiterait se réorienter dans ses études. Le Covid étant passé par là, les écoles proposent également des aides spécifiques puisque l'épidémie a eu des conséquences néfastes sur la santé mentale des jeunes.

A l'ULiège, entre le Covid et les inondations, les demandes fusent. "Cette année, on a deux fois plus d'étudiants qui demandent de l'aide psychologique", poursuit Dominique Duchâteau. "Il est toutefois encore trop tôt pour dire si ce rythme va durer toute l'année." L'UClouvain, pour sa part, retrouve des listes d'attente dans les services psychologiques, "ce qu'on avait plus eu depuis 2-3 ans." "On reçoit par exemple des étudiants qui vivent mal le retour du présentiel", explique Florence Vanderstichelen. "Certains avaient trouvé leur rythme. Mais, avec le retour à la normale, ils sont à nouveau confrontés au bruit et à la masse d'étudiants dans les auditoires." Dominique Duchâteau constate également que "les étudiants ont besoin de se réinvestir dans les contacts réels. On ressent un grand besoin là-dessus."

Si le pic des aides financières a surtout lieu en début d'année, les soutiens psy, eux, sont demandés tout au long du cursus scolaire, avec un boom à différentes périodes qui correspondant généralement au rythme de l'année scolaire.

De plus en plus d'étudiants du supérieur font appel aux aides de leur école: "Parfois un ou deux contacts suffisent pour débloquer une situation"
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Des aides utiles mais pas toujours demandées par ceux qui y ont droit

De façon générale, les universités et hautes écoles proposent donc à leurs étudiants un panel d'aides très diversifiées. Un étudiant qui fait du sport de haut niveau, qui est parent ou qui souffre d'un handicap peut toujours aller voir son école pour demander de l'aide. "On essaie de lever toutes les entraves qui empêcheraient les jeune de mener leurs études dans de bonnes conditions", résume Florence Vanderstichelen (UCLouvain). Mais encore faut-il qu'ils en fassent la démarche. "On est là pour leur donner des coups de pouce", rappelle Dominique Duchâteau. "Mais la balle est dans leur camp, c'est vraiment à eux de venir nous voir."

Si toutes les universités interrogées parlent d'une augmentation des demandes d'aides chaque année, elles regrettent aussi qu'encore trop d'étudiants ne viennent pas les voir. Même si les équipes sont très sollicitées, il y a en effet toujours de la place pour les jeunes qui le souhaitent. "Il ne faut vraiment pas hésiter à venir", encourage Xavier Boeve (ULB). "Je pense que certains n'osent pas faire la démarche car ils se disent qu'ils ne sont pas dans une situation assez difficile. Mais nos plafonds d'aide sont élevés, donc même s'ils ne sont pas sûrs, on les encourage à venir demander des informations. On va aussi simplifier nos procédures et demander moins de documents." Florence Vanderstichelen (UClouvain) regrette également que certains préfèrent se débrouiller seuls. "Ils tentent et viennent nous voir uniquement s'ils n'y arrivent pas. Or, c'est parfois déjà très tard."

Comme le rappellent ces trois professionnels, l'étudiant ne doit pas craindre que les informations qu'il donne soient rendues publiques. Toutes les équipes sont tenues au secret professionnel, rappellent-ils. Ce que leur confie un étudiant ne sera donc pas répété. "Sauf si des aménagements d'études sont nécessaires", précise Dominique Duchâteau. "Si quelqu'un est sourd, il faut bien avertir le professeur. Mais on ne dit que ce qui est nécessaire, et en accord avec l'étudiant."

Un dernier facteur peut également justifier le fait que les étudiants ne viennent pas demander de l'aide. "Cela nous étonne toujours, mais certains ne nous connaissent pas", regrette Florence Vanderstichelen. Pourtant, les écoles font la publicité de leurs services d'aide, que ce soit physiquement ou via les réseaux sociaux. "Le Covid a contribué à nous mettre en avant. Mais des étudiants continuent à venir en nous disant 'si je vous avais connu plus tôt, je serai venu plus tôt'".

Pourtant, demander de l'aide est la meilleure solution pour ne pas s'enliser. "Une fois que les étudiants viennent chez nous, il n'est pas rare de les retrouver dans plusieurs services", conclut Dominique Duchâteau (ULiège). "Quand on voit un étudiant qui se pose des questions sur sa méthode de travail et qu'on se rend compte qu'il se pose aussi des questions sur son choix d'études, on peut le renvoyer dans différents services." "Parfois, un ou deux contacts avec nous suffisent pour débloquer une situation", conclut-elle.

Pour connaître les aides auxquelles vous avez droit, rendez-vous sur le site de votre école.

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