Les étudiants de l'ULB quittent la FEF: "Nous regrettons qu'ils n'aient pas fait part de leurs griefs lors des assemblées générales"

Le Bureau des étudiants administrateurs (BEA) - le Conseil Etudiant de l'ULB - a voté mercredi dernier sa désaffiliation de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF). Une décision "mûrement réfléchie" dont il explique à présent les raisons dans un communiqué de presse.

Les étudiants de l'ULB quittent la FEF: "Nous regrettons qu'ils n'aient pas fait part de leurs griefs lors des assemblées générales"
©belga

Le BEA précise avant tout qu'il ne s'agit nullement d'un "conflit entre les équipes actuelles ou passées". Il reste d'ailleurs "attaché à une représentation communautaire unique, unie et surtout apartisane". Pour rappel, depuis la disparition de l'Unécof en 2019, la FEF est la seule organisation chargée de la représentation étudiante en Fédération Wallonie-Bruxelles. Toutefois, selon les représentants des étudiants de l'ULB, la FEF souffre de plusieurs problèmes, notamment dans son organisation interne. Voici les trois grandes raisons qui les ont poussés à quitter le navire.

1. Le fonctionnement interne "largement défaillant" de la FEF

"Il nous apparaît que le fonctionnement actuel de la FEF ne permet pas une représentation adéquate des différents conseils étudiants des universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts. (...) Par ailleurs, la trop grande disparité des établissements empêche d’avoir un impact fort sur des dossiers précis. Cela se traduit à la fois par des prises de positions trop généralistes afin de satisfaire l’ensemble des membres et d’autre part par le fait que les plus petits établissements n’arrivent pas à faire émerger leur voix. La FEF devrait pouvoir tenir compte de ces intérêts divergents dans son mode de fonctionnement, en se réunissant également par chambres selon le type d’enseignement par exemple. Au final, là où la FEF devrait faire remonter les revendications des conseils étudiants pour les porter au niveau communautaire ou les appuyer au niveau local, elle n’agit plus que comme un bureau exécutif. Celui-ci impose ses thèmes et ses plans d’actions et ne descend plus vers la base que pour mobiliser du nombre lorsqu’il veut peser politiquement."

2. La différence de vision et de stratégie politique

Entre l'organe de représentation des étudiants de l'ULB et la FEF, il y a également eu une différence de stratégie politique concernant la nouvelle réforme du décret paysage. "Il était prioritaire pour nous que la FEF s'engage sur un travail de dossier conséquent, cette réforme pouvant nuire à des milliers d’étudiants dans les prochaines années. Malheureusement, l'exécutif de la FEF reste figé sur les mêmes thèmes et privilégie les campagnes de terrain (manifestations, pétitions, distributions de pâtes et autres actions symboliques) au point de délaisser le travail de fond sur les dossiers."

3. La mauvaise représentation des conseils étudiants à l'Ares

L’Ares est la fédération des établissements d’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Or, pointe le BEA, "les sièges sont attribués sans répartition préalable entre les établissements. L’ULB avec ses 40 000 étudiants sur 250 000 de l’enseignement francophone se retrouve sans aucun siège à l’Ares. Elle qui traite de sujets pourtant cruciaux pour nos étudiants tels que les systèmes de bourses d’études, de logements, d’enseignement ou d’aide à la réussite. Par ailleurs, la plupart des sièges stratégiques sont pris par l’exécutif, qui multiplie ainsi les casquettes sans pour autant y assurer une grande présence, un retour de commission ou préparation de note."

La FEF prend acte de la décision

Interrogé par LaLibre.be, Lucas van Molle, le président de la FEF, a dit "prendre acte de la décision et la respecter". Il regrette toutefois que le BEA n'ait pas abordé ces sujets lors des assemblées de la FEF. "Contrairement à ce qu'ils disent, l'Exécutif est à l'écoute de l'assemblée générale." Si la FEF a entendu les griefs émis contre elle, elle estime qu'il est encore trop tôt pour savoir si des réformes vont être menées.

Le président de la FEF est également conscient que le départ de l'ULB représente un grand nombre d'étudiants mais il refuse de parler de "déforcement". "C'est vrai que l'unité de la représentation étudiante est impactée mais il est déjà arrivé que des organisations étudiantes partent de la FEF puis reviennent. Nous continuerons en tout cas à représenter tous nos étudiants. Et les étudiants de l'ULB qui souhaiteraient s'impliquer sont les bienvenus." La désaffiliation du BEA n'entraîne de toute façon pas l'abandon des dossiers communautaires, la FEF va donc continuer à collaborer avec la représentation étudiante de l'ULB sur certains dossiers.

Les étudiants de l'ULB rejoignent en tout cas l'ULiège et l'UNamur dans le rang des "non-affiliés". Mercredi soir, ce sera au tour du conseil étudiant de l'UCLouvain de décider de rester ou non affilié à la FEF.