Le rythme scolaire actuel convient-il aux étudiants du supérieur ?

La récente remise sur le tapis de la question des rythmes scolaires dans l’enseignement obligatoire – et toutes les controverses qui l’accompagnent – est l’occasion de se pencher sur l’emploi du temps des étudiants.

Le rythme scolaire actuel convient-il aux étudiants du supérieur ?
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Contribution externe

Une contribution de Martin Michel, membre de l'Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

À l'heure actuelle, la population estudiantine jouit de congés fixés à des dates fort éparses : une semaine à la fin janvier, deux semaines à Pâques et trois mois en été. À l'inverse des mesures prises récemment par Caroline Désir, la ministre de l'Education, qui ont pour but de mieux répartir les congés dans l'enseignement obligatoire , les périodes de détente restent fort concentrées et espacées pour les étudiants du supérieur. Cela est d'autant plus vrai que nombre d'entre eux profitent des vacances de Pâques pour préparer la session de juin. Les vacances de Noël sont, elles, absorbées dans le blocus de la session de janvier, session dont les étudiants n'ont qu'une maigre semaine pour se remettre. Alors, faudrait-il changer le rythme des vacances d'été et celui des examens? Voici ce que pensent les divers étudiants que nous avons interrogés.

Des congés salutaires...

Certains étudiants sont favorables à un rabotage des vacances d'été pour leur offrir plus de détente pendant l'année, mais de nombreux autres nous ont répondu qu’il est assez facile d'avoir du temps libre pendant l'année scolaire puisque la présence aux cours n'est pas obligatoire dans la majorité des cas. D'ailleurs, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des étudiants affairés à d’autres occupations plus ou moins constructives durant l'année, quand certains prennent carrément des vacances pendant la période de cours.

Il ne faut pas non plus oublier que bénéficier de longues vacances en été peut s’avérer salutaire pour les étudiants qui doivent représenter des examens en seconde session. Certains occupent tout leur mois d’août à étudier, d'autres -parfois les mêmes- ont des stages qui leur prennent une bonne partie du congé, ce qui raccourcit sensiblement le temps de villégiature. Beaucoup d’étudiants n’ont donc généralement pas de trop de ces deux gros mois de vacances pour pouvoir profiter réellement de quelques semaines.

... qui donnent le temps de réaliser des expériences

Bien sûr, beaucoup d'étudiants n’ont ni stages ni seconde session ; la question de l’occupation de ce temps devient alors plus centrale. À un âge où l’on jouit d’une autonomie d’adulte sans en devoir porter les responsabilités, disposer de temps peut être très intéressant pour vivre des expériences difficilement réalisables à d’autres moments de la vie.

Faire un séjour linguistique de longue durée sans pour autant devoir y consacrer une partie de son cursus universitaire, animer un ou plusieurs camps, voyager dans des contrées lointaines en prenant le temps de vraiment les découvrir, péleriner vers Saint-Jacques-de-Compostelle, travailler bénévolement dans un projet enrichissant : il y a quantité de choses intéressantes à faire pendant ces mois de liberté, nous ont confié les étudiants interrogés. La répartition des vacances ne semble donc pas vraiment poser problème.

Deux ou quatre sessions d'examens par an?

Une autre question se pose aussi autour des rythmes scolaires : les examens. Aujourd’hui, ils sont répartis en deux sessions, voire trois si deux n’ont pas suffi. Cela impose de devoir passer beaucoup d’épreuves à chaque fois, ce qui peut être difficile à gérer. Cela oblige aussi à se plonger dans beaucoup de matières parfois très différentes, ce qui peut en dérouter certains.

Faudrait-il alors privilégier le schéma à quatre sessions, comme il est appliqué à la Louvain School of Management ? Là, les sessions sont organisées en mi-quadrimestre, de manière à n’avoir que quelques examens à passer à chaque fois. C’est moins lourd et parfois plus motivant car les cours sont moins étalés dans le temps et leur contenu plus rapidement discernable. Cependant, cette solution n’offre pas que des avantages. Seul un petit nombre d’étudiants sont concernés ; or la vie estudiantine, riche en activités, ne s’arrête pas avec eux. Il peut être démotivant de devoir étudier quand les autres s’amusent ou que l’ambiance au kot est tout sauf studieuse à ce moment de l’année.

De plus, ce schéma n’existe qu’en master et les étudiants qui ont eu trois ans pour se familiariser avec le système à deux sessions, ont déjà trouvé une méthode de travail adaptée.

Peut-être l’évaluation continue serait-elle un bon compromis ? Via des examens partiels, des travaux, une partie de la note finale serait déjà attribuée avant la session, ce qui permettrait de diminuer la pression qui se fait sentir lorsque la moitié de l’année se joue en quelques semaines, parfois dérangées par une maladie ou un incident.

De toute façon, le système idéal d’évaluation restera un éternel débat ; dans tous les cas, il revient à l’étudiant de donner le meilleur de soi-même dans l’effort de la réussite.