La réforme de la formation initiale des enseignants est (encore) postposée d'un an, à la rentrée 2023

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles l'annonce ce jeudi matin par communiqué. C'est, dit celui-ci, une réponse à la demande des acteurs du secteur.

La réforme de la formation initiale des enseignants est (encore) postposée d'un an, à la rentrée 2023
©FLEMAL JEAN-LUC

"Cette décision fait suite à une demande unanime des acteurs de l'enseignement supérieur (établissements, syndicats, étudiants) réunis au sein de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (l'Ares), qui a signalé la difficulté pour les différents acteurs concernés, dans un contexte de crise sanitaire, de mener à bien les préparatifs nécessaires pour que la réforme puisse entrer en vigueur à la rentrée 2022, comme prévu initialement", lit-on dans le communiqué.

"Initialement"? C'est vite dit. Une première version de cette réforme avait été approuvée en 2019 sous la précédente législature. Elle aurait dû être effective en septembre 2020. Mais le gouvernement actuel l'avait d'emblée postposée à septembre 2021, "le temps de procéder à une évaluation sérieuse de son impact budgétaire". Depuis, le fond de la réforme avait également été remis sur la table. De plus, la crise sanitaire a empêché les équipes de se concentrer sur l'implémentation des changements. Le report avait donc déjà été prolongé d'une année supplémentaire, repoussant l'entrée en vigueur à septembre 2022. Ce ne sera donc pas 2022 non plus, comme vient de le décider le gouvernement.

"L'ensemble du gouvernement réaffirme, tout comme les membres du Conseil d'Administration de l'Ares, sa volonté d'améliorer la formation des futurs enseignants, outil crucial pour augmenter la qualité de notre enseignement", souligne néanmoins la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR).

Par respect pour les acteurs

Les changements structurants contenus dans la réforme nécessitent des préparatifs nombreux et méticuleux des différents acteurs concernés, rappelle le gouvernement. Or, ceux-ci continuent à faire face quotidiennement à une surcharge de travail et à une fatigue croissante liée à la gestion de la crise sanitaire. En outre, ils préparent également la réforme du décret Paysage (qui organise le parcours des étudiants) annoncée pour la prochaine rentrée.

"Par respect pour ces acteurs essentiels que sont les personnels enseignants et administratifs des établissements de l'enseignement supérieur concernés, par respect aussi pour les futurs étudiants, par respect pour tout le travail déjà accompli et pour celui qui est encore à accomplir, il nous faut écouter leur demande de préparer avec volontarisme, mais sereinement, la mise en œuvre de la formation initiale des enseignants. Nous avons donc pris la décision de faire entrer la réforme en vigueur à la rentrée 2023", ajoute la ministre.

Dans cette perspective, l’administration de l’Ares a élaboré un calendrier reprenant les différentes étapes nécessaires à la mise en œuvre de la réforme, assorties du délai estimé pour leur réalisation, de manière à permettre que les travaux soient bien menés dans des délais permettant une entrée en vigueur pour 2023-2024.

Ce qui va changer

Pour rappel, la réforme consacre le passage de la formation des étudiants qui se destinent à enseigner dans le maternel ou le tronc commun de trois à quatre ans. Les futurs professeurs seront désormais formés via une co-diplomation entre les hautes écoles, les universités et les écoles supérieures des arts. Le texte précise également les domaines de compétences génériques à développer, quelle que soit la filière suivie, par tous les futurs enseignants francophones, permettant de répondre aux besoins de la mise en œuvre du Pacte pour un enseignement d’excellence. Par ailleurs, l’étudiant devra dorénavant réaliser un stage de longue durée au cours d’une année scolaire / académique.

On peut rappeler aussi que la question de la revalorisation salariale des enseignants qui seront formés plus longtemps n'a pas été tranchée.

Sur le même sujet