Ukraine: le ministre flamand de l'Enseignement supprime les bourses d'études pour les Russes et s'attire les foudres

Les étudiants russes ne pourront plus demander de soutien financier en Flandre, a décidé mardi le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts, à la demande de son homologue ukrainien, Shkarlet Serhi.

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Ukraine: le ministre flamand de l'Enseignement supprime les bourses d'études pour les Russes et s'attire les foudres
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"Nous faisons cela non parce que nous croyons que tous les Russes sont responsables de cette guerre mais parce que nous espérons que ce genre de mesure contribuera à mettre la pression sur les dirigeants en Russie", a expliqué le ministre.

Le ministre ukrainien a adressé un courrier la semaine passée dans lequel il demandait de mettre fin en urgence aux coopérations avec la Russie. La Fédération de Russie sera donc exclue du programme de bourses d'études Master Mind et ne sera plus une destination dans le cadre des échanges étudiants financés par une bourse, de même que l'Ukraine, afin de garantir la sécurité des étudiants et doctorants flamands.

Dans l'opposition, Groen a regretté la décision de M. Weyts qui frappe des étudiants innocents. Selon les Verts, il faut examiner la façon de soutenir les étudiants et chercheurs critiques en Flandre mais aussi en Russie ou au Bélarus.

Le CD&V critique la décision de B. Weyts

Le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA) a fait l'objet de critiques au sein même de la majorité du nord du pays pour sa décision d'annuler les bourses d'études pour les étudiants russes. "Nos sanctions doivent toucher les oligarques russes, pas les étudiants qui fuient leur pays", a affirmé mardi le député CD&V Brecht Warnez (CD&V).

Le recteur de la KULeuven, Luc Sels, a également dit, sur Twitter, que l'université catholique de Louvain continuait à accueillir et à soutenir les étudiants russes.

"À long terme, il s'agit probablement de notre contribution la plus importante à une meilleure compréhension mutuelle entre l'Union Européenne et la Russie. Suspendre la coopération institutionnelle est une chose, laisser les étudiants en payer le prix en est une autre", a jugé M. Sels.

Pour le député CD&V Brecht Warnez, l'enseignement supérieur est l'"une des meilleures armes contre les médias d'État et les opinions censurées de la Russie. Nous devons donc continuer à admettre les étudiants russes qui veulent acquérir des connaissances ici. De plus, il est plus intéressant d'examiner ce type de sanctions au niveau de l'Union européenne", a-t-il dit.