Haute école ou université: comment choisir?

Quelles sont les différences entre haute école et université? Vaut-il mieux faire une haute école ou l'université? Réponses !

Haute école ou université: comment choisir?
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contribution externe

Une contribution de Soline Schreuer, membre de l'Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

À la fin des secondaires vient le moment de choisir vers quoi l’on se dirige pour l’avenir. Travail, université, haute école, conservatoire, formation qualifiante, bénévolat ou année à l’étranger, il existe de multiples options et il peut être difficile de savoir ce qui nous correspond le mieux. Nous sommes donc allés à la rencontre de quatre étudiants pour récolter leur témoignage sur les avantages de l’université et de la haute école.

Alexandra a réalisé un bachelier en coopération internationale en co-diplomation à HELMo Sainte-Marie de Liège et la Haute École de la Province de Liège (HEPL). Après avoir obtenu son diplôme en haute école, elle a commencé un master en sciences de la population et du développement à l’Université de Liège. Elle explique : « la haute école est un bon moyen de passer de l’école secondaire au supérieur, parce qu’on n’est pas lâchés d’un coup. On n’a jamais vraiment de jour de congé et les horaires sont plus conséquents, mais quand on rentre chez soi il n'y a pratiquement plus rien à faire, exceptés quelques révisions et devoirs à rendre ».

Le prestige du master universitaire

Le système universitaire, assez différent, ne convient pas à la jeune étudiante. « À l'université, les cours finissent plus tôt mais il y a encore beaucoup de travail à faire chez soi. C’est valorisé d’avoir un master mais le système universitaire n’est pas fait pour moi, il y a moins de suivi et je n’aime pas la manière dont les cours sont donnés. »

Alexandra garde d’excellents souvenirs de ses années en haute école, et de la belle bande d’amis qu'elle s'est créée. « On était une bonne soixantaine en première et on a fini à 30-40 étudiants, donc on en a perdu quelques-uns en chemin. Les plus assidus en cours sont ceux qui sont restés. On se connaissait tous et il y avait une bonne ambiance d’entraide entre étudiants. »

Nicolas, de son côté, effectue un bachelier en technique de l’informatique à l’EPHEC, une haute école néo-louvaniste. « Je cherchais quelque chose qui me fait avancer dans la vie et qui m’intéresse. En sortant du secondaire général, ça me semblait normal de ne pas m'arrêter au diplôme du CESS et de me tourner vers une haute école ou une université. » Ayant besoin d’un suivi régulier, Nicolas préfère le système des hautes écoles. « C’est cool d’avoir des profs qui m’obligent à faire mon boulot et puis, en haute école, il y a beaucoup plus de travaux pratiques concrets, on étudie tout au long de l’année et on ne peut pas tout reporter au blocus. »

Même s’il a choisi de réaliser ses études à l’EPHEC, l’étudiant estime qu’il y a également des avantages à aller à l’université : « Il y a un côté plus prestigieux, c’est davantage valorisé par les employeurs. Les universitaires vont aussi plus en profondeur dans la matière alors que nous avons un condensé en trois ans. »

Arrivé à la fin de ses études, Nicolas envisage maintenant de se lancer dans une passerelle vers un master. « J'allais me contenter de trois années de bachelier parce que c'est professionnalisant, mais en parlant avec d'autres universitaires, je me suis rendu compte qu'un complément de savoir ne me coûtait que deux années en plus et que j'allais retrouver la même quantité d'années que les universitaires. »

Davantage de pratique en haute école

En sortant de rhéto, Céleste voulait devenir institutrice primaire. Elle s’est donc naturellement dirigée vers une haute école qui propose une formation qui lui corresponde. « Dans une haute école, il y a une relation privilégiée entre étudiants et professeurs. Les cours se font en plus petits groupes, il y a plus d’aspects pédagogiques et on est beaucoup plus ancrés sur le terrain. En plus, le travail est plus dilué au cours de l'année, on a des travaux tout au long de l'année et pas seulement en période d'examens. »

Cependant, après avoir obtenu son diplôme, elle a redémarré une formation en psychologie – cette fois à l’université. « Je passais beaucoup plus d'heures à travailler dans la haute école, j'avais de grosses journées de 8h à 16h, avec beaucoup de travaux à rendre en plus des stages, ce qui demande énormément de travail et de préparation. À l'université on n'est même pas obligés d'aller en cours, en termes de charge de travail ça n'a rien à voir. C'est une approche et un regard différents. » Même si elle passait plus d’heures en cours en haute école, Céleste estime que la quantité de matière à mémoriser est plus importante à l’université.

La jeune étudiante considère qu’une formation au sein d’une haute école outille davantage les étudiants dans la pratique d’un métier. Cette position est partagée par Henry, qui réalise un master en lettres à l’UCLouvain. « Un des avantages de l'université c'est que c'est plus approfondi en matière de connaissances. Le désavantage c'est qu’on est moins formés à l'application concrète de ce qu’on apprend. On peut faire un stage ou deux, mais dans le monde du travail, il y a beaucoup de choses qu’il faut apprendre sur le tas et que l’on ne nous apprend pas à l’université. »

Henry semble passionné par ses études et satisfait de son choix de faire plus de théorie que d’apprentissage pratique. « Pour moi, ça a toujours été logique que je suivrai une formation universitaire. C’était une décision tacite avec ma famille même si on ne m’y a jamais forcé. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment hésité parce que je savais ce que je voulais faire et mon choix se confirme avec le temps. »

Haute école ou université?

En définitive, avant de choisir entre aller dans une haute école ou dans une université, il faut se demander quel profil nous correspond le mieux. Cela dépend évidemment du métier qu’on a envie d’exercer, mais aussi de savoir si on a besoin d’aller au plus profond des choses et d’avoir une plus grande autonomie ou plutôt d’être plus vite dans le concret et d’avoir un suivi régulier.

Pour bien discerner les différences, il ne faut pas hésiter à interroger des étudiants qui ont fait l’un ou l’autre, se rendre à des cours ouverts ou aller voir un conseiller d’orientation. Savoir quoi faire après les secondaires peut sembler une des décisions les plus importantes de notre vie, mais il est important de relativiser, car si on se trompe sur ce qui nous correspond le mieux, il est toujours possible de se réorienter.