Des cours donnés en arabe dans les écoles de Molenbeek: Caroline Désir conteste les propos de Conner Rousseau

Au Parlement, elle a vivement contesté les propos tenus par Conner Rousseau, le président de Vooruit.

Des cours donnés en arabe dans les écoles de Molenbeek: Caroline Désir conteste les propos de Conner Rousseau
©JC Guillaume

Les propos du président des socialistes flamands, Conner Rousseau (SP) ont été vivement condamnés, mercredi, en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En particulier, cette petite phrase : "À cause de la pénurie d'enseignants, des gens donnent cours en arabe en classe parce qu'ils ne parlent pas français."

La ministre de l'Éducation a répliqué à la tribune. "Cette affirmation est complètement fausse, a déclaré Caroline Désir (PS). Des conditions très strictes sont posées en matière de connaissance de la langue d'apprentissage lorsqu'il s'agit de postuler à un emploi d'enseignant." Ainsi, "la maîtrise écrite et orale de la langue française dont doivent faire preuve tous les enseignants" est expressément mentionnée dans le décret qui définit l'actuelle formation des instituteurs et des régents.

“Ces propos sont une caricature”

Caroline Désir va plus loin : "Ces propos sont une caricature. Pour l'immense majorité d'entre eux, les jeunes de Molenbeek sont nés à Bruxelles, comme leurs parents d'ailleurs, et ils parlent très correctement français ou néerlandais."

Que disent les textes officiels de la place du français à l'école ? Tous font référence au français en tant que langue de l'enseignement. À ce titre, "le français recouvre différents usages langagiers : il est à la fois la langue des interactions et la langue des apprentissages", lit-on dans la circulaire relative à l'organisation des dispositifs "Daspa" (Dispositif d'accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants et assimilés) et "Fla" (Français langue d'apprentissage) pour cette année scolaire 2021-2022. Ceux-ci visent à soutenir les élèves dont la connaissance de la langue de l'enseignement est insuffisante. En deux années de fonctionnement, 23 % des élèves de la 2ematernelle à la 6e primaire ont bénéficié de ce soutien.

À partir du 1er septembre prochain, tout enseignant engagé pour dispenser ces périodes “Daspa” ou “Fla” devra, en plus de sa formation initiale, avoir suivi une formation spécifique relative à l’apprentissage du français langue étrangère ou de scolarisation.

Pour être complet concernant l’usage des langues dans l’enseignement obligatoire, il faut encore mentionner l’éveil aux langues instauré de la 1e maternelle à la 2e primaire, dans le cadre du tronc commun. Il ne s’agit pas de cours de langues ni, a fortiori, de cours donnés en une autre langue, mais plutôt de découvrir, explorer et comparer une variété de langues.

Enfin, dans le projet "Langue Culturelle d'Origine", les écoles qui le désirent peuvent organiser des cours de langues, en dehors des heures de cours et sur base volontaire. La Fédération Wallonie-Bruxelles a conclu des accords en ce sens avec dix pays (Chine, Corée, Espagne, Grèce, Italie, Maroc, Turquie, Tunisie, Portugal et Roumanie) qui sélectionnent et rétribuent les professeurs. Mais on ne parle pas ici des heures de classe, ni d'une langue étrangère utilisée pour donner cours.

Sur le même sujet