Harcèlement sexuel : l’auditorat du travail ouvre une enquête pénale contre l’UCLouvain

Pour absence ou insuffisance de mesures de prévention contre les risques psychosociaux au travail.

Harcèlement sexuel : l’auditorat du travail ouvre une enquête pénale contre l’UCLouvain
©Jean-Luc Flémal

Depuis plusieurs semaines, plusieurs membres du personnel de l'UCLouvain, victimes de harcèlement sexuel et/ou moral, se sont fait connaître auprès de l'auditorat du travail du Brabant wallon. Une série de plaintes (un peu moins d'une dizaine) ont été déposées. Le ministère public annonce l'ouverture d'une enquête contre l'université néolouvaniste. "Comme tout employeur, l'UCLouvain a l'obligation de prendre des mesures de prévention contre les risques psychosociaux au travail, parmi lesquels le harcèlement sexuel et le harcèlement moral", indique le communiqué publié mardi soir sur le site de l'auditorat du travail.

L’absence ou l’insuffisance de mesures de prévention constitue une infraction réprimée par le Code pénal social et la loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail, rappelle l’auditorat du travail.

L’auditorat peut ouvrir une enquête sur de tels faits, sauf s’ils ont été commis plus de cinq ans avant l’ouverture de celle-ci. Les dossiers dont il a été saisi sont donc récents. L’auditorat du travail ajoute qu’il ne donnera aucune information personnelle (noms, titres, fonctions…) ni sur les plaignants, ni sur les suspects. Les facultés ou les départements où les faits dénoncés se seraient produits ne seront pas davantage communiqués.

“Tout comportement non désiré”

Le harcèlement sexuel recouvre tout comportement non désiré (verbal, non verbal ou corporel) à connotation sexuelle qui porte atteinte à la dignité d’une personne ou créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant, rappelle le communiqué.

Le harcèlement moral est lui défini comme un ensemble abusif de plusieurs conduites similaires ou différentes, externes ou internes à l'entreprise ou l'institution, qui se produisent pendant un certain temps, "qui ont pour objet ou pour effet de porter atteinte à la personnalité, la dignité ou l'intégrité physique ou psychique d'un travailleur lors de l'exécution de son travail, de mettre en péril son emploi ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant et qui se manifestent notamment par des paroles, des intimidations, des actes, des gestes ou des écrits unilatéraux", rappelle encore l'auditorat.

Nouveaux témoignages

Au cours des dernières semaines, après la publication dans La Libre de l'entretien avec Carla, une jeune chercheuse harcelée sexuellement à l'UCLouvain, qui a dû se battre pour se faire entendre au sein de l'institution, de nombreux nouveaux témoignages nous sont parvenus. Plusieurs de ces jeunes femmes se disant victimes de harcèlement au sein de l'université n'ont pas osé faire de démarches auprès de la hiérarchie. D'autres ont fait le pas mais sans obtenir de résultats. Certaines d'entre elles ont dénoncé les faits auprès de l'auditorat du travail.

Les plaintes peuvent être adressées à l’auditorat du travail du Brabant wallon à l'adresseauditorat.brabantwallon@just.fgov.be

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