Les enseignants ne seront pas évalués avant 2024

 Le projet d’évaluation est reporté d’un an, a proposé le gouvernement jeudi, en marge de la manifestation des enseignants à Liège.

Les enseignants ne seront pas évalués avant 2024
©MICHEL TONNEAU

Après Bruxelles et Mons, entre 10 000 (selon la police) et 15 000 (selon les organisateurs) enseignants ont manifesté, ce jeudi, dans les rues de Liège, autour de revendications déjà maintes fois exprimées. Le cortège s'est arrêté aux sièges liégeois des partis politiques où une délégation a été reçue. Toujours dans la cité ardente en milieu d'après-midi, la ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS), le ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS), et le ministre-Président, Pierre-Yves Jeholet (MR), ont rencontré les représentants syndicaux pour leur détailler comment le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles peut répondre à leurs attentes.

Revoir les règles sur la taille des classes

Les syndicats réclament la réduction de la taille des classes. Le protocole d’accord sur la table prévoit de formuler des propositions pour revoir les règles en la matière. Le chantier commencera à la rentrée 2022. Des mesures concrètes sont attendues en juin 2023 au plus tard.

L’évaluation n’est pas l’essentiel du projet

Les organisations syndicales ne veulent pas entendre parler du projet d’évaluation des enseignants. Le gouvernement est d’accord de reporter le dispositif de janvier 2023 à janvier 2024, en insistant sur sa finalité positive et profitable pour l’enseignant qu’il s’agit avant tout de mieux accompagner, encourager, conseiller.

Il faut savoir que le texte en cours de concertation (un projet d’avant-projet de décret circule depuis plusieurs mois) prévoit des garanties telles que ne pourront être sanctionnés, au terme d’une longue procédure, que ceux qui feront preuve d’une manifeste mauvaise volonté.

L’évaluation n’est d’ailleurs pas l’essentiel du projet qui repose surtout sur le développement des compétences professionnelles. À ce stade, le texte prévoit que celles-ci devraient faire l’objet d’un entretien avec la direction, au mieux chaque année et maximum tous les trois ans. En cas de problème, un contrat de développement serait conclu (prévoyant par exemple des formations). Ce n’est que sans amélioration six mois plus tard qu’on basculerait vers l’évaluation.

L’entretien d’évaluation, mené cette fois par le pouvoir organisateur sur base du rapport de la direction, déboucherait sur une mention favorable ou défavorable. Dans ce dernier cas, un nouvel entretien serait convoqué maximum deux ans plus tard. C’est là qu’une nouvelle mention défavorable conduirait alors à la rupture du contrat.

Des balises pour alléger la charge de travail

Enfin, à propos de la surcharge administrative liée aux différentes réformes du Pacte d’excellence et aux plans de pilotage, le gouvernement insiste sur la nécessité de faire avancer les différents dossiers mais s’engage à définir des balises permettant d’alléger la charge de travail.

Les syndicats, qui disent avoir apprécié que les membres du gouvernement viennent à leur rencontre, prévoient de consulter leur base prochainement sur ces éléments.

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