Le Dépakot, le KAP qui donne un coup de main aux personnes qui en ont besoin

Pour le sixième numéro de la série "Cap sur les KAP", qui s'intéresse aux kots-à-projet, "La Libre Etudiant" est partie à la rencontre du Dépakot, qui organisait son dernier repair café de l'année.

S'il est courant de voir des étudiants gravir les escaliers de l'auditoire Montesquieu à Louvain-la-Neuve, ça l'est moins de les voir le faire avec un vélo, une bouilloire ou une machine à café en mains. Pourtant, c'est bel et bien ce qu'il se passe tous les deuxièmes mercredis du mois, de septembre à mai. C'est en effet le moment où le Dépakot organise son repair café.

"Tout le monde peut venir faire réparer ses objets", explique Nicolas, étudiant en ingénieur civil et président du Dépakot. "Aussi bien les étudiants que les habitants de Louvain-la-Neuve."

A l'entrée du premier étage, juste au-dessus de l'escalier, se trouve une table où les participants peuvent acheter des choses à manger. Plus loin, on retrouve divers stands : électronique, informatique, vélo et couture. "On examine tous les objets. Si on ne sait pas les réparer, on prévient la personne et on la redirige vers un magasin spécialisé. Si on sait les réparer, on leur fait juste payer l'éventuelle pièce de remplacement. Le reste est gratuit", explique Nicolas, qui se dirige à présent vers le stand vélo pour répondre aux questions d'un habitant.

Un repair café avec d'autres KAPs

Les réparateurs sont soit des habitants de Louvain-la-Neuve rattachés à la maison du développement durable, soit des étudiants d'autres kots-à-projet, comme l'Electrokot, le Louvain-li-Nux ou le Kot Méca. En plus d'organiser leurs propres ateliers de réparation, ces kots-à-projet participent une fois par mois au répair café du Dépakot. "Je suis arrivé sans compétences particulières", avoue Baptiste, étudiant en philosophie, politique et économie et membre de l'Electrokot. "Mais d'autres personnes m'ont appris à développer les premiers réflexes pour réparer." Cela fait effectivement plusieurs minutes qu'il est en train d'inspecter la bouilloire que lui a amenée une étudiante. "Ma bouilloire est récente, mais il y a un problème avec le mécanisme du couvercle", déplore Mélanie. "Comme je suis étudiante, je n'ai pas un budget illimité et j'aimerais bien garder mes affaires en bon état."

Plus loin, François est en train de montrer son pc portable au Louvain-li-Nux. "Je ne sais plus relever l'écran de mon ordi. Je dois faire super gaffe quand je l'utilise. Je sens qu'il va me lâcher alors que j'en ai besoin. Si je le fais réparer en magasin spécialisé, je dois le laisser 2 ou 3 semaines. Je ne peux pas me le permettre. Ils ont l'air confiants, j'ai l'espoir qu'ils arrivent à faire un miracle." Loïc, membre du Louvain-li-Nux a en effet l'habitude de voir passer des étudiants à l'approche du blocus. "En général, ils viennent nous voir au début de l'année ou à la fin de l'année pour régler leurs soucis."

Un objectif social et environnemental

Ce jour-là, une dizaine de personnes défileront avec divers objets cassés. "Notre but, comme l'indique le nom de notre kot, c'est de dépanner", poursuit Nicolas. "Via le repair café, on permet aux gens de lutter contre l'obsolescence programmée, de faire des économies, mais on leur montre aussi comment on répare leurs objets. C'est vraiment un échange." Il y a donc à la fois un aspect social, mais également environnemental dans leur projet.

Au-delà du repair café, le Dépakot organise de nombreuses autres activités tout au long de l'année. Comme toujours, leur but est de venir en aide aux gens qui en ont besoin, avec l'aide de leurs partenaires. "On a une camionnette qu'on utilise pour aider des associations, des collectifs étudiants ou des gens qui ont besoin de transporter des gros volumes", détaille Nicolas.

En mars dernier, le Dépakot a organisé sa traditionnelle brocante sur la Grand-Place de Louvain-la-Neuve, où les étudiants avaient la possibilité de vendre les objets dont ils ne se servent plus afin de leur faire retrouver une seconde vie. "On a aussi un vide-grenier, où on rassemble les affaires dont les gens ne se servent plus afin de les redistribuer à des associations de la région." Citons également leur nouvel atelier de réparation de meubles, qu'ils ont mis en place en 2022. "On leur redonne une seconde vie. Les étudiants peuvent nous aider à les retaper. Soit ils repartent avec, soit on les donne à des gens qui en ont besoin."

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