Y a-t-il eu une "hécatombe" en première année de psycho à l’UCLouvain?

L'UCLouvain précise que l'état des lieux définitif doit se faire après la session d'août.

Y a-t-il eu une "hécatombe" en première année de psycho à l’UCLouvain?
©flémal

Cette année encore, très peu d'étudiants de première année en fac de psychologie à l'UCLouvain sont parvenus à valider tous leurs crédits en juin. Selon les résultats publiés le 30 juin par l'université néo-louvaniste (qui vont être amenés à évoluer à la hausse suite à des corrections en cours), seuls 4 étudiants sur 751 inscrits ont réussi tous leurs cours sans seconde session. Cela représente 0,5% de l'auditoire. L'année dernière, des résultats similaires avaient déjà été constatés, puisque seulement 5 étudiants sur les 645 inscrits avaient validé leur année sans examens de passage, soit 0,7% de l'auditoire. Dans un communiqué de presse, Comac, le mouvement étudiant du PTB, parle d'une "hécatombe", ce que conteste l'UCLouvain.

Des chiffres à prendre avec des pincettes

Est-ce que cela veut dire que seulement 4 étudiants de première passeront en deuxième ? Non. Premièrement, "il est encore trop tôt pour tirer des conclusions", indique l'UCLouvain. "L'état des lieux doit se faire à l'issue de la seconde session. Certains étudiants ont abandonné leurs études. La majorité des étudiants qui ont passé leurs examens n'ont qu'un ou deux cours à repasser. Ils ont encore une chance de valider des crédits supplémentaires. L'année dernière, le taux de réussite en BAC1 de psycho après la session d'août était de 35%. Cela prouve bien qu'il faut encore attendre avant de faire le bilan", explique Isabelle De Coster, porte-parole de l'université.

Deuxièmement, même si l'on se base sur les chiffres actuels, 181 étudiants sont "admis à poursuivre". Cela veut dire qu'ils ont validé assez de crédits pour passer en deuxième année de psycho avec des cours de première. Précisons toutefois que c'est la dernière année où ce sera possible. Avec l'arrivée du nouveau décret Paysage en 2022-2023, les étudiants qui n'ont pas validé tous leurs crédits devront rester inscrits en première mais pourront toujours anticiper des cours de deuxième.

Enfin, l'université indique que "des corrections sont en cours" et que "les résultats vont évoluer à la hausse dans la journée".

De vives réactions

Pour Comac, le mouvement étudiant du PTB, le faible nombre d'étudiants à avoir validé tous leurs crédits en juin est dû à un manque de financement de l'enseignement supérieur et aux modalités d'évaluation mises en place dans certains cours. Certains professeurs de la faculté demandent en effet aux étudiants d'avoir 60% (ou plus) de bonnes réponses à un QCM pour obtenir la note finale de 10/20. Cela veut dire qu'un jeune qui aurait répondu correctement à la moitié des questions du QCM n'aurait, à la fin, pas la moyenne à son cours. C'est ce que l'on appelle le "standard setting". Il a été mis en place par l'UCLouvain lors de la suppression des QCM à points négatifs, afin de s'assurer que l'acquisition de compétences par l'étudiant repose sur ses connaissances et non pas sur des réponses fournies au hasard. Si ce modèle a pour but d'éviter de pénaliser les étudiants qui n'osent pas prendre de risques, il ne fait pas l'unanimité chez les étudiants.

L'université, elle, avance d'autres arguments. "Au-delà du grand absentéisme qu'on constate dans toutes les facultés, environ 150 étudiants ont, semble-t-il, abandonné leurs études en cours de route puisqu'ils ont validé 0 crédit", souligne Isabelle De Coster. "D'autres étudiants ont volontairement choisi de reporter certains examens à la session d'août pour alléger leur session de juin", poursuit-elle. Interpellée à ce sujet sur Twitter, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, ne dit pas autre chose. Elle appelle à "cesser la désinformation" autour de ces chiffres. Son cabinet précise également que le refinancement de l'enseignement supérieur est déjà une réalité, avec 50 millions d'euros supplémentaires dès cette année, 70 millions en 2023 et 80 millions d'euros par an en plus dès 2024.

Au sujet des modes d'évaluation, l'université explique les avoir analysés cette année en faculté de psycho. "Cette évaluation se fait maximum tous les trois ans dans chacune de nos facultés. Elle repose sur les retours des professeurs, mais également sur ceux des étudiants", explique Isabelle De Coster. "L'évaluation en psycho est sur le point d'être terminée. Nous analyserons les conclusions avant le début de l'année académique prochaine."