Pourquoi les syndicats ont dit non aux propositions pour l’enseignement

Il y a trop peu de concret, estiment-ils. Un plan d’actions sera mis en place dès la rentrée.

DEMONSTRATION OF THE TEACHERS | MANIFESTATION DE L'ENSEIGNEMENT
©BELGAIMAGE

Rien que leur nom décourage parfois de s’y intéresser. Pourtant, derrière l’intitulé de négociations sectorielles se cachent les discussions qui déterminent les conditions de travail, secteur par secteur. Quand elles se passent bien, elles conduisent à un accord sectoriel signé par les syndicats concernant les conditions matérielles et organisationnelles en place pour deux ans, jusqu’aux prochains pourparlers.

Dans l’enseignement, ça ne s’est pas passé ainsi. Le précédent accord sectoriel couvrait la période 2019-2020. Ensuite, les travaux se sont fait attendre. Ils n’ont recommencé que le 1er avril 2021. Syndicats et pouvoirs organisateurs ont présenté leurs revendications. Puis, les mesures discutées ont rapidement porté sur 2021-2022 et 2023-2024. Un cadre élargi à quatre ans imposé par le gouvernement. Les syndicats ont peu goûté l’initiative…

D’entrée de jeu, le gouvernement a aussi tenu à planter le décor budgétaire : les caisses sont vides, il n’y a plus de sous. Il faudrait faire des choix.

Ensuite, il y a eu plusieurs actions de grève et des manifestations. Dans la foulée de la première, le 10 février dernier à Bruxelles, la ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS), a présenté ce qui était sur la table. D'emblée, les syndicats ont émis des doutes. Le fait qu'ils aient refusé de signer le document vendredi n'étonne personne.

"Un moyen de ne rien dépenser"

L’augmentation de la prime de fin d’année de tous les membres des personnels enseignants ? Elle n’est toujours pas alignée sur celle des fonctionnaires.

Des mesures concernant la taille des classes ? L'annonce de la mise en place de groupes de travail ne résout rien, disent les représentants syndicaux qui estiment que, globalement, ceux-ci sont juste "un moyen de ne rien dépenser".

La réflexion sur le droit à la déconnexion n’avance pas. Des promesses précédemment exprimées ne sont toujours pas concrétisées.

L’enseignement supérieur reste le parent pauvre et son enveloppe irrémédiablement fermée. Pour les syndicats, les moyens alloués sont structurellement insuffisants pour répondre aux missions toujours plus nombreuses, à l’augmentation du nombre d’étudiants et à la précarité qui les frappent.

Voilà pour les principaux regrets. Reste le soutien administratif aux directions de l’enseignement fondamental via une augmentation de l’aide administrative. Au total, l’ensemble des mesures représente 62 millions d’euros pour les trois prochaines années et 32 millions d’euros structurels à partir de 2024.

Mais un plan d’actions sera mis en place dès la rentrée.