Weyts "choqué" par la suspension de deux membres du personnel de l'Université d'Anvers

Des personnes ne peuvent être sanctionnées pour l'expression d'une opinion lors d'une conversation privée, a affirmé jeudi le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts, à propos de la suspension de deux membres de l'université d'Anvers qui avaient tenu en mai dernier des propos jugés discriminatoires à l'encontre des Juifs et des Marocains.

Weyts "choqué" par la suspension de deux membres du personnel de l'Université d'Anvers
©BELGA

La décision de suspendre les deux employés - un superviseur pédagogique et un assistant administratif - de l'UAntwerpen par le recteur, Herman Van Goethem, faisait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo filmée à leur insu d'une conversation entre ces deux personnes. Ils se plaignaient de l'usage de "mauvais néerlandais" de la part d'étudiants, mettant en exergue l'origine marocaine. Ils mentionnaient également que les Juifs étaient une communauté "très fermée", ce qui "ne les dérangeait pas".

Interrogé jeudi en commission de l'enseignement du parlement flamand, M. Weyts (N-VA) s'est dit "choqué" par l'approche de l'université. Il a affirmé que le fait qu'une conversation confidentielle a été secrètement filmée et que les images aient été diffusées est "pire que les déclarations elles-mêmes".

Les deux employés avaient reconnu que leurs propos étaient inappropriés et s'étaient excusés.

Le ministre a aussi souligné que les établissements d'enseignement devraient être un lieu où la liberté d'expression compte.

Il a également révélé qu'une enquête du commissaire du gouvernement auprès de l'UAntwerpen montrait que l'enregistrement était dû à un malentendu interne. Seuls les cours magistraux peuvent être enregistrés et l'enseignant doit autoriser la diffusion de ces images.

M. Weyts a enfin appelé les établissements d'enseignement à vérifier leurs procédures à cet égard avant la prochaine rentrée scolaire.