L'initiative d'étudiants de l'UNamur contre le cyberharcèlement: "Leur projet rend service à la société"

"N'importe qui peut être harceleur", explique Maurine, l'étudiante à la base du projet. Elle a voulu se servir de ses cours de droit pour alerter sur les conséquences du cyberharcèlement.

L'initiative d'étudiants de l'UNamur contre le cyberharcèlement: "Leur projet rend service à la société"
©shutterstock

Maurine, qui va passer en troisième année de droit à l'UNamur, a développé l'année dernière un projet d'envergure consacré au cyberharcèlement : CyberHarcelStop. Avec trois étudiants en informatique et un étudiant en graphisme, ils ont monté un site, en dehors de leurs cours, afin d'alerter sur les conséquences du harcèlement, mais aussi sur les peines encourues par les harceleurs.

"Nous avons créé des sortes de mini-jeux dans lesquels les participants se mettent à la place des harceleurs. Le but est de montrer qu'on peut tous et toutes être harceleur sans même s'en rendre compte. Des comportements qui nous paraissent innocents peuvent avoir des conséquences parfois très graves sur la personne qui les subit", explique Maurine, à la base du projet.

Si la jeune femme a tenu à mettre ce fléau en avant, c'est parce qu'elle a elle-même connu une personne décédée suite à des faits de harcèlement. "Cela peut arriver à n'importe qui", répète-t-elle, et à n'importe quelle étape de la scolarité. "L'un des faits terribles à propos du cyberharcèlement, c'est qu'il ne s'arrête jamais. Il continue même après les cours et n'offre aucun répit à la personne qui le subit." Durant la pandémie de Covid, le cyberharcèlement a augmenté, ce qui a poussé l'étudiante à agir.

Un jeu pour alerter

L'une des particularités du jeu créé par l'équipe d'étudiants de l'UNamur est donc qu'on se retrouve dans la peau du harceleur.

"D'habitude, on est plutôt dans la peau de la victime"

, note Maurine. A la fin du scénario, le harceleur se retrouve systématiquement confronté au juge qui le condamne à une certaine peine, en lui expliquant les raisons de cette condamnation.

"Je suis passionnée par le droit numérique. Tous les scénarios se basent sur la législation belge, la jurisprudence et la doctrine. Je voulais que tout soit le plus réaliste possible. Je voulais aussi que les gens se rendent compte que le cyberharcèlement n'était pas impuni."

Un projet validé par une petite équipe de professeurs

Si Maurine explique avoir mené les recherches seules, et avoir coordonné le projet avec l'équipe de jeunes, elle souligne également avoir bénéficié du soutien de plusieurs professeurs en droit, parmi lesquels Elise Degrave, Bruno Dumas et Cécile de Terwangne.

"Le cyberharcèlement à l'université est bien réel mais peu connu notamment parce que certains étudiants sont très seuls et qu'il n'y a plus nécessairement la bienveillance des parents au quotidien", explique Elise Degrave. "En plus de rendre service à la société, cet outil est également très fiable car il est bâti sur des notions enseignées dans des cours universitaires de droit et d'informatique. Il a été validé, étape par étape, pendant toute l'année, par une petite équipe de professeurs", poursuit-elle. "C'est une magnifique mise en pratique du dialogue prof-étudiant, typique de la pédagogie dynamique et collaborative qu'on développe à l'UNamur."

Pour participer aux mini-jeux et évaluer vos connaissances en matière de cyberharcèlement, rendez-vous sur ce site : https://www.cyberharcelstop.be/

Si vous êtes victime de cyberharcèlement, contactez le numéro gratuit 103.