Weyts veut contrer la pénurie d'enseignants avec des flexi-jobs, Pierre-Yves Dermagne réagit

Le ministre flamand de l'éducation Ben Weyts (N-VA) propose de recourir aux flexi-jobs pour résoudre la pénurie d'enseignants, comme il l'a expliqué au Laatste Nieuws.

La rédaction avec Belga
Weyts veut contrer la pénurie d'enseignants avec des flexi-jobs, Pierre-Yves Dermagne réagit
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Pendant la pandémie de Covid, les enseignants retraités étaient déjà autorisés à faire du travail supplémentaire à titre exceptionnel. Le ministre de la N-VA Ben Weyts demande maintenant d'autoriser les flexi-jobs dans l'enseignement, afin que non seulement les retraités mais aussi d'autres personnes actives puissent travailler à l'école. Cette mesure pourrait résoudre le problème de la pénurie d'enseignants.

"Lorsqu'il s'agit de personnes qui travaillent déjà en 4/5e temps ailleurs, on peut même le faire sans prélèvement de l'ONSS ou de taxes sur les quelques heures qu'elles passent dans l'enseignement", suggère M. Weyts. "Ils peuvent enseigner une matière technique, par exemple, ou remettre à niveau les élèves qui ont pris du retard dans leurs études, mais ils peuvent aussi surveiller les bus dans les écoles spécialisées ou aider à la garde des enfants dans les écoles maternelles. Cette mesure n'est pas une solution miracle, mais elle constitue un outil supplémentaire permettant à nos écoles de recruter des personnes de manière flexible."

Les flexi-jobs ne sont pas une bonne solution, selon Dermagne

M. Weyts a posé la question au ministre fédéral du travail et de l'économie Pierre-Yves Dermagne (PS), qui est responsable du dossier. "Nous n'avons pas obtenu un 'non' mais nous n'avons pas non plus obtenu un 'oui'", a déclaré le ministre N-VA dans le quotidien.

Les flexi-jobs ne sont pas une bonne solution aux problèmes de l'éducation, répond aujourd'hui le cabinet du ministre du Travail. "Il n'est pas logique que l'on veuille résoudre un problème structurel de pénurie d'enseignants avec un système qui a été mis en place pour déployer de manière flexible du personnel supplémentaire aux moments de crise. Être enseignant n'est pas un travail supplémentaire, c'est un engagement sérieux."

Le syndicat socialiste des enseignants ne croit pas non plus que les emplois flexibles soient la solution à la pénurie. "Nous constatons déjà que de nombreux arrivants repartent, parce que le travail ne correspond pas à leurs attentes", explique Nancy Libert, secrétaire générale de l'ACOD-CGSP Éducation. "Nous devons revenir aux tâches essentielles de préparation, d'enseignement et d'évaluation et nous débarrasser des "divertissements marginaux" qui prennent du temps et mettent la pression sur l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée."

M. Weyts lui-même indique que la mesure n'est effectivement pas une "solution miracle". "Mais c'est un outil supplémentaire pour nos écoles afin de pouvoir recruter des personnes de manière flexible", avait-il précisé.