Faire du stand-up et être étudiant, deux univers à orchestrer: "On ne sait pas tout faire parfaitement"

Passer ses journées dans des auditoires et ses soirées dans des comedys club, c'est tout un mode de vie. Cela implique des horaires compliqués mais c'est aussi l'opportunité pour de nombreux étudiants comme Jules Degrave et Nicolas Mazzoni de vivre de leur passion. Témoignages.

Clémence Dascotte
Faire du stand-up et être étudiant, deux univers à orchestrer: "On ne sait pas tout faire parfaitement"
©nature_lover_del et cem.pictures

Dès le mois d'octobre, l'ULB proposera des formations de stand-up à ses étudiants. Cette initiative sera réalisée en collaboration avec le Théâtre de la Toison d'Or. L'objectif ? "Former les jeunes au stand-up, dénicher de nouveaux talents et les faire monter sur la scène de notre théâtre pour un plateau final quand les workshops seront terminés ", déclare Albert Meizel, directeur du Théâtre de la Toison d'Or. Le stand-up est souvent vu comme un art "de jeunes". Pourtant, cela peut-être un défi de le combiner avec une vie étudiante.

Deux vies parfois difficiles à harmoniser

Nicolas Mazzoni est étudiant en arts du spectacle, Jules Degrave vient d'être diplômé en graphisme. Tous deux sont stand-upper et ont dû harmoniser deux vies qui paraissent parfois éloignées. "Le plus dur c'est bien sûr de combiner le stand-up avec les études, mais aussi avec tout le reste. Par exemple ce n'est pas évident d'avoir un job étudiant en plus. Ça demande beaucoup de temps, mais c'est une passion", confie Nicoas Mazzoni.

Jules Degrave ajoute que "ce qui est compliqué avec le stand-up c'est qu'il faut écrire les textes le jour et les jouer le soir. Ça demande pas mal de temps. Parfois j'avais l'impression d'être à deux endroits différents et nulle part à la fois. J'allais principalement aux cours obligatoires et quand je n'avais pas vraiment de temps, j'écrivais pendant les cours, je répétais pendant les pauses. En fait, j'essayais vraiment de boucher les trous de mon horaire. C'était difficile parce que je voulais réussir les cours et le stand-up mais on ne sait pas tout faire parfaitement."

Mais deux univers qui peuvent se compléter

Nicolas et Jules ont tous les deux trouvé des moyens de combiner la vie étudiante et celle artistique. Jules a essayé d'amener l'humour dans ses cours pratiques : "Par exemple, pour un de mes cours, je devais créer une vidéo. J'ai fait un sketch en vidéo. Ça m'a beaucoup apporté car ça m'a aussi permis d'avoir de la reconnaissance de la part des profs, ils ont mieux compris mon univers et ce qui me passionnait quand ils ont vu mes travaux. "

Nicolas a trouvé une autre manière de réunir son art et son parcours scolaire, il a créé un comedy show dans son université : "Quand on a commencé le stand-up avec un pote, on se prenait pas mal de refus. A l'époque, les salles avaient tendance à privilégier les personnes avec de l'expérience car elles rapportaient plus de gens, et donc plus d'argent. Alors on s'est dit qu'on pouvait créer quelque chose nous-même à l'ULB. On a créé le Goulou Goulou Comedy Show et on a organisé nos propres soirées de stand-up."

Un milieu difficile où il n'est pas facile de se faire une place

Quand on leur demande des conseils, Nicolas et Jules répondent qu'ils ne sont pas les mieux placés pour en donner. Mais, leur expérience leur a quand même apporté certaines clés pour avancer dans le milieu scolaire et humoristique. "Je pense que le meilleur des conseils que je puisse donner c'est de ne pas trop en faire à côté. Perso, l'année prochaine, je vais devoir réduire l'horaire de mon job étudiant. On ne peut malheureusement pas mettre de l'énergie partout. Je crois qu'un autre bon conseil, c'est de trouver une heure pour écrire et le faire chaque semaine. Cela permet de trouver un rythme. Après, tout dépend aussi des ambitions. Si l'objectif c'est d'aller à Montreux (un festival d'humour organisé chaque année au début du mois de décembre à Montreux en Suisse, ndlr) dans l'année alors là, oui, il faut faire des scènes tous les soirs" affirme Nicolas. Il ajoute ensuite que "c'est super important de bien s'entourer, se faire des amis dans le stand-up pour avoir des scènes, des retours mais aussi pour être accompagné de personnes qui vivent la même chose que nous."

Pour Jules, l'organisation est essentielle : "Je pense que si je devais trouver trois mots pour donner des conseils, ça serait : motivation, organisation, envie. Et puis, la passion aussi. Les cours c'est obligatoire mais on peut essayer de les mettre en lien avec ce qui nous anime, c'est le meilleur conseil que je puisse donner pour combiner cours et stand-up. "

Tant Nicolas que Jules sont attirés par la voie humoristique et apprécieraient développer leur carrière professionnelle dans ce milieu. Cependant, ils ont fait le choix de continuer leur cursus scolaire. Pour Jules, les études sont une réelle opportunité: " J'ai continué mes études parce qu'en Belgique, c'est compliqué de pouvoir jouer tous les jours. Du coup, les études, en plus de nourrir ton temps libre, t'offrent déjà le statut étudiant et l'opportunité d'avoir un diplôme. En plus, les études peuvent aussi nourrir ta pratique humoristique, donc ça reste aussi interessant." Quant à Nicolas, c'est la soif d'apprendre qui lui donne la motivation de poursuivre son cursus : "Pourquoi faire des études? Parce que ce n'est pas facile de se faire une place dans le milieu et que j'aime étudier , j'aime apprendre de nouvelles choses."