Au moins un tiers des élèves, soit 463 millions d'enfants dans le monde, n'ont pas eu accès à l'enseignement à distance lorsque les écoles ont fermé leurs portes en raison des mesures prises pour endiguer la pandémie de coronavirus, selon un nouveau rapport d'Unicef publié jeudi.

"Nous sommes face à une urgence éducative mondiale qui pourrait avoir des répercussions sur les économies et les sociétés pendant plusieurs décennies", alerte Henrietta Fore, Directrice générale de l'Unicef. Au plus fort des mesures, près de 1,5 milliard d'élèves étaient privés d'école, expose le Fonds des Nations unies pour l'enfance. 

Dans son rapport, l'organisme pointe les inégalités importantes en matière d'accès à l'enseignement à distance. Les données étudiées sont issues de 100 pays et reprennent l'accès à la télévision, à la radio et à internet ainsi que l'existence ou non d'un programme enseigné par l'intermédiaire de ces plateformes. Si les résultats sont déjà inquiétants, "l'Unicef estime que la situation est probablement bien plus grave". 

"En effet, même lorsque les enfants disposent de la technologie et des outils nécessaires chez eux, l'apprentissage à distance n'est pas toujours possible en raison d'autres facteurs: la pression pour effectuer les tâches domestiques, l'obligation de travailler, un environnement non favorable à l'apprentissage et l'absence d'aide pour suivre le programme mis à disposition sur les différentes plateformes." 

D'importantes disparités régionales apparaissent: les élèves de l'Afrique subsaharienne sont les plus touchés, avec la moitié d'entre eux n'ayant pas accès à l'enseignement à distance. De plus, toutes régions confondues, plus les enfants sont jeunes, moins ils y ont accès. En outre, les élèves issus des foyers les plus pauvres sont les plus susceptibles d'être lésés par les fermetures d'écoles. Alors que le mois de septembre arrive à grands pas, l'Unicef encourage les pouvoirs publics à faire de la réouverture sûre des écoles une priorité lorsqu'ils assouplissent les mesures de confinement. "

Lorsque la réouverture n'est pas possible, l'Unicef demande aux pouvoirs publics d'intégrer des apprentissages destinés à compenser les heures d'enseignement perdues dans les plans de continuité scolaire et de réouverture des écoles." L'Unicef rappelle que son "cadre pour les réouverture des écoles", publié en collaboration avec l'Unesco, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque mondiale, fournit des conseils pratiques aux autorités nationales et locales. 

Chez nous, Unicef Belgique appelle tous les enfants à mettre leurs cartables à la fenêtre d'ici la rentrée.