Ils et elles viennent de Madrid, Bruxelles, Anvers, Séville, Charleroi, Barcelone. Partout, leur constat est le même: une sortie en rue est souvent parasitée par des comportements sexistes envers les filles et les femmes. Des sifflements, des flirts non désirés, des regards, des attouchements. Des crachats, des insultes.

Répondre au harcèlement en ville, cela commence à l'école, estiment les 500 jeunes âgés de 15 à 24 ans qui ont participé mardi à J500. Ils plaident dès lors pour l'intégration dans le programme scolaire d'un cours dédié à l'égalité de genre. Celui-ci aborderait à chaque étape du parcours scolaire la sexualité, les privilèges et violences liés au genre.

Outre la sensibilisation, ces jeunes belges et espagnols demandent également un soutien disponible immédiatement dans les écoles, grâce à des psychologues et autres professionnels. Seules 7% des victimes de harcèlement sexuel se confient à un psychologue, ressort-il d'une étude menée fin 2019 par Plan Belgique auprès 700 jeunes âgés de 15 à 24 ans originaires de Bruxelles, Anvers et Charleroi. Les premiers confidents sont les amis (48%) et la famille (27%). Très peu vont voir la police (6%).

Les jeunes de J500 recommandent également d'installer dans l'espace public des affiches pour aider les témoins de harcèlement sexuel à réagir et de créer des "espaces refuges" dans les zones de loisirs.

Alors que de nombreux jeunes se sentent en insécurité dans les transports publics, le panel propose d'y renseigner un numéro d'urgence spécifiquement dédié au harcèlement sexuel pour permettre une intervention rapide des services de sécurité.

Enfin, les jeunes demandent une plus grande place dans ce débat de société, avec le développement d'une plateforme en ligne où ils pourraient donner leur avis et proposer des solutions.

"L'inconduite sexuelle est un problème qui touche tout le monde, y compris les jeunes malheureusement. Leur voix est indispensable dans ce débat", a réagi Adelheid Byttebier, échevine de la Jeunesse et de l'Enseignement à Schaerbeek, qui participait à l'événement. "Il faut pouvoir connaître l'avis des communautés qui ne sont peut-être pas les vôtres, (...) dès le plus jeune âge", a renchéri Françoise Daspremont, échevine de l'Égalité des Chances à Charleroi. L'échevine anversoise de l'Enseignement et de la Jeunesse, Jinnih Beels, était également de la partie.

Les cinq priorités énoncées seront intégrées par Plan International dans un guide pratique à destination des villes européennes, afin d'aider ces dernières à lutter contre le harcèlement sexuel. Ces cinq points et les 20 recommandations supplémentaires qui les accompagnent seront en outre présentés aux décideurs européens, aux ONG et représentants de la société civile lors d'une conférence à Madrid en novembre 2021.

L'événement J500, soutenu par la Commission européenne, la Ville de Bruxelles et Equal Brussels notamment, s'inscrit dans le programme plus large "Safer Cities" de Plan International. L'objectif de la journée était "d'apprendre les uns des autres et d'aider la prochaine génération de jeunes par notre action", résume Karim, Anversois de 19 ans.