Les représentants syndicaux et ceux des pouvoirs organisateurs et des parents sont invités à évoquer la rentrée du lundi 19 avril, ce mardi, avec la ministre Caroline Désir (PS). Son homologue flamand, Ben Weyts (N-VA), a pris les devants en annonçant dès lundi, comme d’habitude sans attendre le Comité de concertation (Codeco prévu mercredi), que les écoles flamandes rouvriront comme elles avaient fermé trois semaines plus tôt : à temps plein en classe pour tous les élèves jusqu’en 2e secondaire, et à moitié à distance pour les 3e secondaires et suivantes. L’objectif de faire revenir tout le monde sur place lundi est abandonné.

"Prendre soin des jeunes"

Côté francophone, on n’en est pas (encore ?) là. La ministre de l’Éducation préfère respecter le protocole de communication. Elle formulera ses propositions au Codeco après avoir examiné la situation avec les experts et les acteurs du secteur. En attendant, ces derniers avancent plusieurs points d’attention à prendre en compte, quelle que soit la décision finale.

Les représentants des associations de parents insistent sur le bien-être des élèves. "Il faut prendre soin des jeunes, explique Véronique De Thier de la Fapeo (les parents de l’officiel). La reprise ne peut en aucune façon signifier de courir après les apprentissages en vue des évaluations de fin d’année." Rappelons qu’après un premier échange concernant les examens, la ministre a été invitée à revoir sa copie, trop peu balisée pour certains, dont Véronique De Thier. "Les évaluations doivent seulement servir de diagnostic." Et de suggérer que des moments d’apprentissage soient cédés à des temps de parole avec des professionnels ou à d’autres activités qui permettent aux jeunes de se construire.

"Nous insistons pour éviter une pression trop forte, la rejoint Bernard Hubien de l’Ufapec (les parents du libre). Il faut assurer la sécurité sanitaire et faire retomber les tensions liées aux résultats de fin d’année."

"Le problème, estime Joseph Thonon (CGSP-Enseignement), c’est qu’en montrant l’école du doigt avant de suspendre les cours, fin mars, on y a fait rentrer la peur… Il va falloir corriger cela très vite." Des mesures supplémentaires doivent-elles être mises en place ? Il en avait été question avant Pâques, quand on essayait encore de garder les écoles ouvertes. Le port du masque en 5e et 6e primaires et la fermeture des cantines et des salles de profs avaient été évoqués.

En sera-t-il encore question ? "Impossible à dire à ce stade mais ce qui concerne l’aération est en tout cas capital", ajoute le même. D’autant qu’on a appris entre-temps que le projet pilote de tests salivaires menés auprès des enseignants de 20 écoles francophones et 40 écoles flamandes n’est pas considéré comme concluant, notamment pour des raisons de logistique et de coût. Plus question, donc, de le généraliser. La ministre Désir semble à présent privilégier la piste des autotests, mais selon un scénario dont on ne sait encore rien.

"Il faudra porter une attention toute particulière aux mesures sanitaires car on a constaté un certain relâchement", confirme Emmanuel Fayt (Sel-Setca). "Tant qu’on ne sera pas plus au point avec les règles sanitaires, les tests, le tracing et les vaccins, on ne pourra pas avancer sereinement, résume Roland Lahaye (CSC-Enseignement), car avec dix semaines jusqu’aux grandes vacances, on aborde le plus long tunnel de l’année scolaire."

"Un cadre clair et stable"

Dans les rangs des pouvoirs organisateurs, c’est la stabilisation qui est mise en avant. "Il faudrait s’arrêter à des mesures fixes pour toute la fin de l’année et ne plus y toucher, avance Philippe Barzin, président du CECP (officiel subventionné). Tout le monde a grand besoin d’un cadre clair et stable." Le porte-parole du Segec (enseignement libre), Christian Carpentier, insiste enfin pour que les écoles disposent au plus vite de cette visibilité à long terme, "pour pouvoir organiser correctement la fin de l’année".