Le choix des universités de poursuivre les cours à distance jusqu’à la fin du quadrimestre quoi qu’il arrive ne rassure pas tout le monde, loin de là. La ministre Glatigny a promis qu'aucun étudiant ne serait pénalisé. "Mais certains le sont déjà", dénonce la Fédération des étudiants francophones (Fef) qui réclame des mesures générales d'urgence.

Mooc’s et contenus en ligne, cours à distance, etc : les universités et les hautes écoles s’organisent depuis une semaine pour continuer à enseigner de loin. Beaucoup d’initiatives sont originales et la créativité est souvent au rendez-vous. Ou pas. Mais, à l’autre bout de la ligne, les étudiants vivent la situation de façon d’autant plus inégale que, alors que chaque établissement et chaque prof font déjà “à leur sauce”, une situation familiale n’est pas l’autre.

Pour mesurer l’impact des mesures prises dans les différents cursus, la Fef (Fédération des étudiants francophones) a lancé une enquête sur les réalités du terrain. Elle a déjà récolté 13 000 réponses. Sans attendre le détail des résultats, elle lance dès à présent un appel à la ministre Valérie Glatigny (MR). “Ces conditions renforcent les inégalités pédagogiques”, assure la présidente Chems Mabrouk. “Il faut que des règles concrètes, justes et généralisées soient adoptées d’urgence.” Pas besoin pour cela, estime-t-elle, d’attendre des précisions concernant la durée du confinement.

La mise à disposition de fascicules “papier” devrait être obligatoire

“Il faut des lignes directrices claires sur toute une série de sujets.” Car, si chaque établissement continue à prendre des directives différentes, “cela va créer des injustices.” Notamment dans sa ligne de mire : les supports de cours.

“Ces questions se posent là, quoi qu’il se passe au niveau de la pandémie. La ministre doit trancher. Maintenant. Pour que les étudiants vivent ça de façon plus sereine.”

Pour elle, la mise à disposition de fascicules “papier” devrait par exemple être obligatoire.

Parce que la situation n’est pas facile pour tout le monde. Au-delà du fait d’être un peu perdu face au flux de consignes qui arrivent. “Rentrés chez eux, certains étudiants ne sont vraiment pas dans de bonnes conditions pour travailler.” Trop de monde à la maison, trop peu de place, pas assez d’ordinateurs, des machines parfois lentes ou des systèmes incompatibles avec certains logiciels voire pas d’internet du tout…. “C’est parfois ça, la réalité. Et elle peut être encore plus compliquée si des problèmes d’argent s’y rajoutent.” On sait que les fermetures dans l’horeca et les autres commerces ont eu raison des jobs d’étudiants et qu’aucune mesure particulière ne prévoit d’arrêter de payer le loyer d’un kot qu’on n’occupe pas. “La ministre a dit qu’aucun étudiant ne serait pénalisé : certains le sont déjà.”

© IPM