La Fédération des Milieux d'accueil de la Petite Enfance souhaite éveiller les consciences par une action symbolique en cette journée internationale des accueillant(e)s d'enfants, alors que le secteur "agonise". Moins d'un an après avoir introduit un recours au Conseil d'Etat contre la réforme du secteur de la petite enfance (réforme MILAC), la FeMAPE persiste et signe: les accueillant(e)s conventionné(e)s et le secteur non-subventionné agonisent (cela représente plus de 40% des places en Fédération Wallonie-Bruxelles). "Selon une enquête réalisée au mois de mai dernier, 8.000 places d'accueil seraient menacées d'ici à la fin de l'année scolaire. Ces 4 derniers mois, près de 450 fermetures ont déjà été confirmées", peut-on lire dans le communiqué.

La fédération, qui souhaite sensibiliser le monde politique et le grand public à cette cause, invite tous les professionnels du secteur à remplacer leur photo de couverture et leur photo de profil sur les réseaux sociaux. Le hashtag #LaCouche a également été créé pour l'occasion.

Des concertations sectorielles ont été menées durant tout le premier semestre 2020 mais "force est de constater que la montagne a jusqu'ici accouché d'une souris", pointe le secteur de la petite enfance.

La FeMAPE revient notamment sur l'obligation nouvelle d'avoir tout le personnel sous statut de salarié - y compris les entrepreneurs qui créent leur propre crèche: elle aura pour conséquence de faire "exploser les coûts directs et les risques en termes de gestion financière des ressources humaines". "Les gestionnaires concernées se retrouvent devant un dilemme: soit prendre rapidement la décision de fermer pour éviter la catastrophe, soit majorer les prix pour couvrir l'augmentation réelle des coûts", souligne-elle.

En cette journée internationale, la fédération souhaite également rappeler que la majorité des accueillants d'enfants subventionnés par la Fédération Wallonie-Bruxelles travaillent encore aujourd'hui sous un statut précaire "bricolé" en 2003, n'offrant ni une couverture sociale digne de ce nom, ni une rémunération "acceptable". "Suite à une gestion calamiteuse du fonds d'urgence et à des bugs du système informatique mis en place à la hâte, certaines d'entre elles n'ont pas encore perçu les indemnités permettant d'atteindre un revenu minimum vital en l'absence des enfants (pour la période du 18 mai à ce jour)", ajoute-t-elle.

Sous la précédente législature, un projet pilote visant à leur offrir "enfin" un statut de salarié avait été lancé et la réforme MILAC prévoit par ailleurs que tous les accueillants pourront en bénéficier d'ici fin 2025. La ministre Bénédicte Linard a de son côté annoncé avoir demandé à l'ONE d'accélérer le processus mais, pour la FeMAPE, "c'est comme mettre un sparadrap sur une jambe de bois". La fédération espère une remise en question urgente de la part de la ministre de la Petite Enfance, laquelle est aussi ministre... des Droits des Femmes, rappelle-t-elle.