Une petite centaine d'étudiants du supérieur ont bruyamment manifesté jeudi matin devant le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour dénoncer la précarité de plus en plus importante parmi les étudiants.

Dans un froid bien automnal, ces étudiants ont entonné plusieurs chants pour réclamer "plus de fric pour l'enseignement public" ou affirmer que "étudier est un droit qu'on ne négociera pas".

Ils brandissaient aussi plusieurs calicots où l'on pouvait notamment lire: "le coût des études nuit gravement aux étudiants", "jeunesse en galère, marre d'être précaire" ou encore "faites péter l'enveloppe!", en référence au principe de l'enveloppe budgétaire fermée que la Fédération impose depuis des décennies pour le financement de son enseignement supérieur.

A l'initiative de cette manifestation, la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) entendait dénoncer une nouvelle fois les difficultés financières et sociales rencontrées par un nombre grandissant de jeunes.

En l'espace de quinze ans, le nombre d'étudiants sollicitant une aide du CPAS a ainsi considérablement augmenté en Wallonie et à Bruxelles.

De plus en plus d'étudiants sont aussi contraints de travailler à côté de leurs études, ce qui les prive logiquement de temps pour se consacrer à leur cours, réduisant leurs chances de réussite.

Pour remédier à cette situation, la FEF réclame l'abaissement du minerval à 175 euros par an pour tous les étudiants, le remboursement de tout le matériel utilisé dans le cadre des cours, ainsi qu'un refinancement public de l'enseignement supérieur "à hauteur de ses besoins".

Pour financer ces mesures, et vu les moyens limités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la FEF plaide pour une réforme "plus juste et solidaire" de la fiscalité en Belgique.

D'après ses calculs, la gratuité totale de l'enseignement supérieur francophone nécessitera un financement public supplémentaire de 100 à 150 millions d'euros seulement, selon sa présidente, Chems Mabrouk, interrogée jeudi par Belga.

Une délégation d'étudiants a été reçue par la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR), ainsi que par les ministres Frédéric Daerden et Caroline Désir, tous deux PS et respectivement en charge du Budget et de l'Education.

Dans son accord de gouvernement bouclé début septembre, la nouvelle majorité arc-en-ciel en Fédération Wallonie-Bruxelles a prévu d'assurer un refinancement de l'enseignement supérieur à hauteur de quelque 50 millions d'euros sur la législature, un montant jugé insuffisant par les acteurs du secteur.