La Plateforme contre l'échec scolaire a exprimé vendredi son inquiétude devant la Déclaration de politique communautaire (DPC). Un texte qui ménagerait trop la chèvre et le chou et, de ce fait, risque de détricoter le Pacte pour un enseignement d'excellence initié sous la législature précédente et repris dans l'accord de gouvernement arc-en-ciel. 

La ministre de l'Enseignement, Caroline Désir (PS), s'est voulue rassurante: les principes du Pacte ont été préservés et le consensus autour de lui s'est élargi. Le Pacte a été conçu par une majorité PS-cdH et s'appuie sur le travail commun des différents acteurs de l'éducation. Après les élections, les acteurs de la Plateforme (les syndicats, la Fédération des Associations de Parents de l'Enseignement Officiel -FAPEO ainsi que plusieurs association dont l'Appel pour une école démocratique) ont été reçus par le PS et Ecolo qui préparaient la note Coquelicot. Ce document suscitait leur espoir mais il n'a pu convaincre le cdH ou le PTB de rejoindre les négociations. Résultat: socialistes et écologistes se sont ouverts au MR qui contestait certaines mesures du Pacte d'excellence, en particulier l'allongement du tronc commun.

"Sur l'école, la DPC est mi-chèvre, mi-chou. Elle n'a pas les accents progressistes que nous espérions suite à la note Coquelicot. La faute en revient certainement aux partis déserteurs qui n'ont pas fait l'appoint progressiste nécessaire à une Ecole du même nom", a souligné le président de la Plateforme, Jean-Pierre Coenen.

La Plateforme redoute notamment que la logique du tronc commun jusqu'à la troisième secondaire ne soit remise en cause par le renforcement des "activités orientantes", l'externalisation de certaines tâches ou encore la multiplication des "évaluations formatives". Idem pour le décret inscriptions qui doit être abrogé et remplacé par un autre dispositif, une réforme de l'enseignement qualifiant qui se réduirait à une fabrique de main d'oeuvre. Quant à l'absence de trajectoire budgétaire spécifique au Pacte, elle ne les rassure pas vu les difficultés financières qui s'annoncent pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Quand on a trois partenaires autour de la table, on doit faire des compromis. Il a été fondamental pour nous de ne pas détricoter le Pacte. Ce qui est essentiel dans les principes n'a pas été modifié. C'était une question de respect des acteurs et puis c'est une réforme envisagée sur 15 ans. On ne peut pas changer de cap tous les 15 ans. C'est donc un compromis, il n'y a pas de coup de canif dans le contrat, et cela permet de ramener tout le monde et de créer un consensus autour du Pacte pour le renforcer", a expliqué Mme Désir, interrogée en marge de la réception officielle du 27-Septembre.