La conférence a eu lieu peu après le Conseil national de sécurité, sur le coup de 16 h 30. Les trois ministres de l’Éducation des Communautés siégeaient côte à côte pour répondre à la question que tous se posent : comment se déroulera la rentrée du mois de septembre dans les écoles ?

Plus tôt dans la semaine, les acteurs de l’enseignement s’étaient réunis pour convenir de différents scénarios à venir selon l’évolution de l’épidémie. Au nombre de quatre, ces scénarios échelonnent le niveau de risque lié au coronavirus. Un de ces niveaux a déjà été retenu pour la rentrée : "La situation jaune sera a priori celle qui prévaudra en septembre", pose Caroline Désir. Risque faible donc, deuxième échelon sur les quatre.

Concrètement, cela signifie que tous les élèves de maternelle et de primaire rentreront à temps plein, soit cinq jours par semaine. Dans le secondaire, la situation sera quelque peu différente. Les écoles accueilleront l’ensemble des élèves quatre jours sur cinq. "Les experts ont préconisé de laisser un jour de respiration", explique la ministre francophone. Le mercredi matin sera ainsi consacré, pour les élèves, à la remédiation ou au prolongement de la matière, mais à domicile. Pour le personnel enseignant, ce demi-jour sera dédié au travail collaboratif ou à la formation au numérique. L’occasion aussi pour le personnel des établissements de nettoyer et de ranger les classes. Les élèves et les enseignants seront, en outre, tenus de porter le masque s’il n’est pas possible de respecter les distances de sécurité.

Les classes du secondaire divisées en deux

Voilà pour le scénario qui devrait être en vigueur pour la prochaine rentrée. Mais qu’en est-il des autres stades ?

Le premier, le stade vert, correspond à un niveau de risque nul, soit grâce à l’immunité collective, soit une fois que le vaccin sera trouvé. "Nous n’y sommes pas encore", tempère le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA). Il revient à rétablir le fonctionnement de l’école tel qu’il était avant la crise sanitaire.

Le deuxième, le stade jaune, qui prévaudra à la rentrée, correspond à un risque faible - soit le niveau de crise que connaît la Belgique actuellement.

Le scénario orange correspond à un risque modéré. Dans ce cas, les classes de secondaire seront scindées en deux et les élèves iront à l’école une moitié de la semaine, laissant ainsi à l’autre moitié de la classe l’espace disponible les autres jours. Une configuration qui vaut aussi pour l’ultime scénario, le stade rouge, à la différence près que les règles sanitaires seraient renforcées. Il reviendra au Conseil national de sécurité de décider de l’évolution des stades. Pour l’enseignement fondamental, il ne sera en revanche pas question de modifier l’offre scolaire. "On ne fermera pas les écoles maternelles et primaires, quelle que soit l’avancée de l’épidémie", a assuré la ministre. Une décision motivée par les connaissances sur le virus et les expériences vécues à l’étranger, qui ont montré que les enfants de moins de 12 ans étaient peu touchés par le virus et peu transmetteurs.

Priorité à la santé

Le mot d’ordre était clair : anticiper, et éviter l’impression de précipitation qu’ont connue les établissements dans les différentes phases qui ont rythmé les derniers mois. "L’année touche à sa fin, il est important que les directeurs aient des consignes claires . La santé reste la préoccupation première. Mais on ne pourra pas dire que nous avons été surpris, pas comme nous l’avons été au début de la crise", précise Caroline Désir (PS).