Une semaine avant le passage en code orange, sur l'écran d'affichage du hall principal de l'institut Sainte-Anne à Gosselies, plusieurs noms défilent. Les élèves sont soit heureux de ne pas avoir cours, soit s'inquiètent. Il faut dire que l'école enregistre un taux d'absentéisme important chez les professeurs, 25% au total. Cet effet lié au coronavirus mais pas que, se répercute dans l'ensemble des écoles secondaires de la fédération Wallonie-Bruxelles. 12% des enseignants sont absents cette semaine là.

La situation est difficile. Les salles d'études se remplissent au fur et à mesure que les cours s'annulent. "Le problème, c'est qu'on est déjà en pénurie de professeurs. Et donc en trouver un pour une semaine, c'est impossible." explique Claudine Masson, sous-directrice de l'institut Sainte-Anne. Certains professeurs se portent volontaires pour reprendre des cours normalement annulés pour cause d'absence, mais la fatigue est bien présente. Le stress lié à la situation sanitaire, donner cours avec un masque toute le journée et reprendre des cours au pied levé forment un lot qui pèse sur la santé et la forme des enseignants. "Pour moi, la plus grande difficulté, c'est quand j'ai huit heures de cours d'affilées et que je dois travailler avec le masque. En mathématiques, on est tout le temps en train de parler. En fin de journée, j'ai mal à la gorge et mes ganglions ont gonflé. Mais on fait son possible. On est un peu fatigué mais ça va." raconte Vincent Guéry, professeur de mathématiques.

L'aspect pédagogique des cours est aussi impacté par la situation. En plus de devoir rattraper le retard accumulé en fin d'année passée, une certaine distance relationnelle s'installe entre les élèves et les enseignants. "L'aspect pédagogique et relationnel en prend un coup, c'est sûr. On doit faire attention à beaucoup de choses et on a plus ce contact humain habituel, le sourire, etc qu'on avait avec les élèves." dit Isabelle Fondu, professeur de français et sciences humaines au CEFA de l'institut Sainte-Anne.

Du coté des élèves, on préfère ne pas parler de la situation. Les moments entre amis sont précieux et permettent de s'évader de l'actualité morose que connait la Belgique depuis plusieurs semaines. Mais de l'inquiétude est quand même présente chez certains. Ghelia Listorti est au cours de monsieur Guéry et exprime son ressenti : "Je trouve qu'il y a beaucoup de cas qui arrivent. J'ai quand même un peu peur."

Rassurer les enfants et les parents fait aussi partie du job. Au CEFA (centre d'éducation et de formation en alternance) de l'institut Sainte-Anne, la priorité est de faire de la pédagogie avec chacun. "Nous faisons tout pour pouvoir rassurer les parents qui sont parfois très angoissés par la multitude d'informations quelquefois contradictoires. Nous restons relativement calmes et nous donnons toutes les informations qui sont liées à notre environnement, ici à l'institut Sainte-Anne." explique Corine Mathieu, responsable du site du CEFA.