La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) a regretté mardi que la candidature d'Hervé Hasquin à la présidence de l'Ares (Académie de recherche et d'enseignement supérieur) ait été rejetée par une majorité au sein de son conseil d'administration le mois dernier.

Pour elle, il s'agit là d'un symptôme des divisions croissantes qui traversent les acteurs de l'enseignement supérieur francophone.

Ces divisions "favorisent aujourd'hui les majorités d'opposition plutôt que des majorités constructives", a-t-elle déploré mardi en commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où elle était interrogée par la cheffe de groupe cdH, Alda Greoli.

"L'enseignement supérieur (francophone) est de plus en plus divisé et il ne parvient plus à s'exprimer par consensus dans l'intérêt de tous", a-t-elle ajouté.

Le mois dernier, une majorité des membres du conseil d'administration de l'ARES s'était formée lors d'un vote secret pour repousser la candidature d'Hervé Hasquin, ancien ministre-président de la Communauté française et ancien recteur de l'ULB, à la présidence de l'organisme.

Son arrivée avait été annoncée dès novembre sur Twitter par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, ce qui avait fort déplu aux membres de l'Ares, dont beaucoup s'étaient sentis mis devant le fait accompli.

Mme Glatigny n'a pas avancé mardi le nom d'un nouveau candidat pour la fonction.

Elle a confié avoir eu depuis l'incident différents contacts avec les membres de l'ARES.

Ces interlocuteurs lui ont suggéré de privilégier quelqu'un qui ne serait de préférence pas issu du monde de l'entreprise, qui connaîtrait bien le monde de l'enseignement supérieur mais sans être trop proche d'un établissement en particulier, et qui surtout n'aurait aucun lien avec le monde politique...

"Ça va être compliqué. Avec ces critères-là, ni Philippe Maystadt, ni Jean-Pierre Hansen (les deux précédents présidents de l'Ares, ndlr) n'auraient pu être désignés", a-t-il ironisé.

L'Ares fédère tous les acteurs de l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles (universités, Hautes écoles, écoles supérieures des arts, syndicats, organisation étudiante).

Le décret sur le paysage de l'enseignement supérieur prévoit que le président de l'ARES est nommé par le gouvernement, sur avis conforme du conseil d'administration de l'Ares.