Ça y est, les conditions précises et officielles de retour progressif dans les classes en Fédération Wallonie-Bruxelles ont été coulées dans une circulaire envoyée à toutes les écoles (et que nous relayons intégralement à la fin de cet article), dans la foulée du cadre défini à l’issue du Conseil national de sécurité, vendredi soir.

C’était l’un des volets de décisions les plus attendus, même si ces dernières ne se concrétiseront que dans trois semaines et pour une partie seulement des élèves, le temps de tout préparer dans les établissements (et d’y vérifier qu’elles peuvent être respectées).

Les différents interlocuteurs du secteur rassemblés autour de la ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS) se sont retrouvés à 11h, ce samedi, pour s’accorder sur les dernières précisions. La réunion s'est achevée vers 14h.

La principale information qu'on attendait était la catégorie d'élèves qui reprendra, par petits groupes et sous certaines conditions, le chemin des classes.

Cette rentrée se fera finalement en deux temps: les classes terminales du secondaire et les 6e primaires, le lundi 18 mai. Puis, les 2e secondaires et les 1e et 2e primaires, le 25 mai.

Attention: chaque groupe n'aura classe qu'un ou deux jours par semaine, en fonction de ce qu'il est possible d'organiser d'une école à l'autre.

Une série de précautions sanitaires étaient connues depuis vendredi soir (pas plus de 10 élèves par classe, des espaces de 4M2/élève et de 8M2/enseignant, des masques pour tous, pas de repas chauds, nettoyage des mains et des locaux, etc).

L'obligation scolaire est une compétence fédérale. Les présences évoquées sont donc obligatoires. Mais la ministre Caroline Désir précisait déjà, vendredi, que leur contrôle, lui, est bien de son ressort "et qu'il conviendra de faire preuve de souplesse".

Voici les communications officielles

Voici, dans son intégralité, le communiqué du cabinet de la ministre Désir envoyé peu après 15h30.

La Ministre de l’Éducation Caroline Désir a réuni les acteurs de l’enseignement ce samedi matin pour mettre en œuvre les décisions prises par le Conseil National de sécurité en ce qui concerne l’enseignement. Elle transmettra, dès cet après-midi, à l’ensemble des établissements scolaires et des fédérations de pouvoirs organisateurs, une circulaire organisant la reprise progressive et partielle des cours ainsi que l’accueil des élèves à partir du lundi 18 mai.

Cette reprise permettra à une partie des élèves de retrouver un contact avec l’école dans l’optique prioritaire d’assurer leur bien-être.

La Ministre rappelle toutefois qu’il est prioritaire de garantir, au sein de chaque école, des conditions optimales de sécurité et d’hygiène. Aucun risque ne pourra être pris pour la santé des membres du personnel et des élèves. Il s’agit d’une condition sine qua non à toute reprise, qui impliquera de l’équipement et un aménagement en profondeur du fonctionnement.

Toutes les normes à respecter en la matière sont détaillées dans la circulaire. Leur respect sera contrôlé par les conseillers en prévention/services SIPPT et les organes locaux de concertation, qui devront confirmer que l’ensemble des conditions précitées sont rencontrées pour permettre l’accueil des élèves et du personnel en toute sécurité. Si la sécurité n’est pas garantie, la reprise des leçons est retardée jusqu’à ce que des solutions soient trouvées !

La Ministre de l’Éducation est évidemment consciente de l’ampleur de la tâche et des difficultés liées aux contraintes de l’exercice.

Calendrier de la reprise partielle des leçons

Phase 1 : A partir du 18 mai

Cette première phase de reprise des leçons se fera à concurrence de 2 jours par semaine maximum par groupe d’élèves :

  • des élèves de 6e primaire
  • des élèves de dernière année du secondaire (6e et/ou 7e).

Phase 2 : A partir du 25 mai

Une évaluation de la situation sur le terrain sera effectuée durant la semaine du 18 mai avec les fédérations de pouvoirs organisateurs, les organisations syndicales et les fédérations de parents. Sur cette base, si les écoles en ont la capacité organisationnelle, une reprise pourra être envisagée à partir du 25 mai :

  • à concurrence d’1 jour par semaine par groupe pour les élèves de 1ère et si possible de 2ème primaire ;
  • à concurrence de 2 jours par semaine pour les élèves de 2ème secondaire.

Par ailleurs, une attention particulière sera portée aux élèves en difficulté scolaire. Les équipes éducatives sont invitées à identifier, au sein de chaque groupe-classe, les élèves qui doivent faire l’objet d’un suivi spécifique en raison de difficultés scolaires ou de besoins d’apprentissage particuliers. Toujours sous réserve des capacités organisationnelles et du respect des principes de sécurité et d’hygiène, ces élèves, quelle que soit leur année d’étude, pourront être invités à se rendre dans l’école pour renouer le contact avec leur(s) enseignant(s) à concurrence de maximum 1 jour par semaine à partir du 25 mai.

Modalités pratiques de la reprise des leçons

En pratique, dans chacune de ces phases, les élèves seront subdivisés en petits groupes de 10 élèves maximum, tout en respectant les distances de sécurité.

L’aménagement des garderies

Il convient d’anticiper une montée en puissance des garderies, au regard de la reprise progressive de l’activité économique et professionnelle. En effet, en plus des publics considérés comme prioritaires jusqu’ici, il s’agira d’accueillir les enfants de parents qui doivent reprendre le chemin du travail, ainsi que des enfants vivants dans des conditions sociales compliquées. Il doit néanmoins être fait appel à la responsabilité collective des parents pour que ceux-ci envisagent toutes les alternatives de garde possibles n’impliquant pas de personne à risque, afin de permettre aux écoles d’accueillir les élèves en respectant les consignes de sécurité et de se consacrer à leur mission pédagogique.

Contrôle de l’obligation scolaire

Les élèves qui ne font pas partie des classes prioritaires sont présumés en absence justifiée.

Pour les élèves qui font partie des classes prioritaires les directions seront chargées de répertorier les demi-jours d’absence pour monitorer la situation et établir le contact avec les familles concernées. Ces demi-jours ne devront néanmoins pas être signalés. Des modalités devront être mises en place pour éviter de préjudicier ces enfants dans leur parcours scolaires.

Et voilà le lien vers la circulaire complète.

Et en Flandre?

En Flandre, les bases du retour dans les écoles ont déjà été dévoilées vendredi soir, par l'intermédiaire du ministre-président flamand Jan Jambon. La première phase commencera également la semaine du 18 mai. Mais une phase test pourrait avoir lieu dès le 15 mai dans certaines écoles. En effet, les établissements qui le désirent pourraient ouvrir plus tôt afin de voir comment fonctionne le nouveau système et éventuellement l'améliorer pour la semaine suivante.

Les années concernées par le retour à l'école en Flandre sont les 1e et 2e années primaires, ainsi que les années diplômantes, à savoir la 6e primaire et la 6e secondaire. Il ne pourra cependant pas y avoir plus de 10 élèves par classe, ce qui signifie que les élèves seront divisés en différents groupes et iront à l'école à des jours différents.

La deuxième étape, durant les semaines suivantes, sera déterminée en fonction de l'évolution de l'épidémie.

On précisera encore qu'en ce qui concerne les maternelles, si le retour a l'école n'est pas prévu, un accueil est toutefois mis en place (comme à tous les autres niveaux de scolarité et dans tout le pays) pour les enfants du personnel soignant ou les enfants dont la situation familiale est particulièrement difficile.