" Les enseignants ne sont pas particulièrement plus à risque que d’autres professions, ils ne seront donc pas intégrés dans la phase 1 de la vaccination", c'est ce qu'a indiqué Sabine Stordeur, Project manager de la Task force vaccination lors du point presse hebdomadaire du Commissariat fédéral Corona ce samedi.

Après que le Conseil supérieur de la Santé ait recommandé que le vaccin d'AstraZeneca soit provisoirement réservé aux adultes âgés jusqu'à 55 ans, le plan de vaccination a dû être revu. Parmi les groupes prioritaires de cette "nouvelle phase" : les professionnels des soins de santé de 18 à 55 ans, les résidents et le personnel (18-55 ans) des autres institutions de soins collectifs ou encore les policiers appartenant à des unités d’intervention.

Pas de trace des enseignants donc. "Il est prévu que dans cette phase, pourront notamment être vaccinées en priorité, les personnes qui organisent ou exercent une fonction critique, donc qui sont directement confrontées à une situation de terrain les empêchant de tenir une distance physique et de garder le matériel de protection", explique Sabine Stordeur à nos confrères du journal Le Soir.

Les ministres formant la Conférence interministérielle Santé publique ont estimé que face à la définition des fonctions critiques, les enseignants n’entraient pas dans cette catégorie car ils sont en mesure de garder la distance physique grâce au matériel de protection. "Avec l’arrivée de plusieurs vaccins, si on peut commencer plus tôt la phase 2, ils seront éligibles plus rapidement, sur pied d’égalité avec d’autres professionnels", précise néanmoins Sabine Stordeur.

Interrogée sur Bel RTL lundi matin, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS) partageait cet avis. "Le Conseil supérieur de la Santé a indiqué qu'il fallait d'abord protéger ceux qui ont potentiellement des contacts avec des personnes malades, donc par exemple les policiers en intervention. Pour les enseignants, cela reste en discussion en Conférence interministérielle santé publique. Cela dépendra aussi des arrivées de vaccins", a-t-elle précisé.

La grève n'est pas exclue

Pour Joseph Thonon, président de la CGSP Enseignement, ces propos sont tout simplement choquants. "Les mesures ne peuvent pas du tout être respectées dans les écoles, confie-t-il à La Libre. En maternelle, des enseignants doivent prendre des enfants sans masque dans les bras. Nous n'avons presque rien reçu comme matériel de protection. Je ne sais pas depuis quand les politiciens ne sont plus venus dans une école pour affirmer cela".

Celui-ci est d'autant plus contrarié que, selon lui, les gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne promettent une vaccination prioritaire aux enseignants depuis le début de la pandémie.

Suite à une réunion en front commun ce lundi matin, les syndicats ont décidé d'interpeller le gouvernement dans un communiqué de presse exigeant un plan clair de vaccination prioritaire pour les personnels de l'enseignement. Ceux-ci n'excluent pas d'aller plus loin. "Nous allons envisager des actions après le congé de carnaval qui pourraient aller jusqu'à la grève en fonction de l'évolution de la situation", affirme Joseph Thonon.