Cours et examens à distance, surcharge de travail... La pandémie de coronavirus a bouleversé l'enseignement supérieur, ce qui inquiète beaucoup la communauté étudiante.

Plus de 20.000 jeunes ont signé une lettre ouverte soutenue par la Fédération des étudiants francophones (Fef), demandant jeudi à la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny de "nouvelles discussions" pour trouver des solutions convenant à toutes les parties. L'Union syndicale étudiante (USE) requiert, elle, l'annulation pure et simple des examens à distance dans l'enseignement supérieur. Pour l'USE, section membre de la Centrale étudiante des Jeunes FGTB, les examens à distance reviennent "à organiser une session qui soit n'évalue rien, soit ne remplit pas sa fonction d'équité". En outre, les dispositifs anti-triche annoncés inquiètent le syndicat, à l'instar de l'UCLouvain qui prévoit de photographier les étudiants lors de l'évaluation.

Les formules alternatives, comme la rédaction d'un travail, ne trouvent pas non plus grâce aux yeux du syndicat étudiant, qui pointe un travail de correction plus important, nécessitant des moyens humains supplémentaires.

L'USE refuse également que les examens portent sur de la matière qui n'a pas été vue en auditoire. Elle demande dès lors l'annulation des examens à distance et l'octroi d'une note administrative de réussite (supérieure à 10/20) pour tous les cours du quadrimestre. Si cette note n'est pas octroyée, l'évaluation ne doit alors porter que sur la matière vue lors des cours en présentiel, exige le syndicat.

Dans sa lettre ouverte, la Fef pointe de multiples problèmes qui sont apparus lors de l'organisation des cours à distance. Ainsi, l'encadrement des professeurs et les supports de cours n'ont pas été les mêmes partout: certains ont droit à des podcasts, d'autres doivent se contenter de powerpoints sans explications. Une surcharge de travail est également apparue, les enseignants demandant des travaux supplémentaires par exemple.

Plusieurs jeunes ne disposent en outre pas du matériel adéquat. Certains n'ont à leur disposition qu'un ordinateur pour toute la famille, utilisé par leurs parents obligés de faire du télétravail.

La fermeture des bibliothèques et des salles d'étude empêchent certains d'avoir accès à un lieu calme pour travailler. Il s'agit également d'un obstacle pour les travaux de fin d'étude et les mémoires, notent encore les étudiants dans leur lettre ouverte.

Le confinement a également un impact psychologique, entraînant décrochage et démotivation. Certains étudiants sont également touchés de près par la pandémie, leurs proches ayant contracté le virus.

Un échec peut aussi mettre en péril la "finançabilité" des étudiants, relève encore la Fef. Si un étudiant est déclaré non finançable, aucun subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est octroyé pour financer le coût de ses études. L'établissement peut alors refuser son inscription. L'Union syndicale étudiante demande dès lors que les éventuels échecs obtenus à l'issue de ce quadrimestre perturbé par le coronavirus, ainsi que pendant les sessions d'été, "n'aient aucun impact négatif sur la finançabilité des études".

Dans leur lettre ouverte, les étudiants plaident pour de nouvelles discussions avec la ministre Glatigny afin de garantir les chances de réussite de tout un chacun "malgré la perte d'encadrement pédagogique".

L'USE émet également des revendications à propos des stages, qui devraient bénéficier d'une note administrative de réussite également. Le syndicat requiert en outre qu'aucune pénalité ne soit infligée en cas de retard dans la remise de travaux, TFE et mémoire. Si l'étudiant ne peut réaliser son travail, une note administrative devrait lui être accordée.

Enfin, l'USE demande le prolongement des bourses de doctorat et des contrats à durée déterminée, la majorité des doctorants n'ayant pas la possibilité de continuer leurs recherches dans des conditions normales.