En fonction des décisions qui seront prises par le Comité de concertation (Codeco) ce vendredi, les scénarios correspondant aux actuels codes couleurs vont être retravaillés”, a annoncé la ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS), à l’issue de sa rencontre avec les acteurs du secteur jeudi. Mais la priorité ne change pas: maintenir les cours en présentiel dans la mesure du possible. “Les écoles doivent rester ouvertes”, a répété la ministre.

Pour autant, vu les difficultés rencontrées sur le terrain dans les écoles, il fallait faire quelque chose. Pour permettre aux équipes de souffler, deux jours de vacances supplémentaires ont été annoncés. Sous réserve des décisions du Codeco, le congé de Toussaint s’étalera du samedi 31 octobre au mercredi 11 novembre inclus. Un compromis entre la semaine complète supplémentaire réclamée par certains (mais qui comportait trop d’inconvénients d’organisation pour les parents et d’heures de cours perdues pour les élèves) et la semaine unique prévue initialement. Cette disposition ne concerne à ce stade que les écoles francophones.

Le nombre de jours de classe est arrêté par décret à 182, mais le gouvernement peut le fixer entre 180 et 184 jours. Les deux jours supplémentaires sont pris sur ce quota. Une façon d’évacuer la récupération de ces journées en fin d’année. L’éventualité d’enlever une semaine de vacances aux congés d’été avait été immédiatement balayée par les syndicats.

À noter que des garderies devront accueillir les enfants n’ayant pas d’autre possibilité, sans doute organisées par des intervenants extérieurs à l’école. "Une demande est faite en ce sens auprès des communes", nous précise-t-on au Segec (enseignement catholique).

"Il faudra bien communiquer concernant le statut de ces deux journées", insiste Bernard Hubien de l'Ufapec (Union des fédérations d'associations de parents de l'enseignement catholique. "Il faut vraiment insister sur l'importance de respecter les mesures de sécurité. C'est la responsabilité de chacun." Par ailleurs, il se réjouit de cette initiative, "vu l'état de fatigue de tout le monde".

Plusieurs réformes du Pacte d'excellence sont reportées

Caroline Désir prévoit également d’autres mesures pour soulager les professionnels afin qu’ils puissent se concentrer sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus et sur la réparation des dégâts sociopédagogiques qu’elle provoque chez les élèves. La mise en œuvre de plusieurs réformes prévues dans le Pacte pour un enseignement d’excellence est reportée. Concrètement, la formation en cours de carrière des enseignants est partiellement suspendue notamment en ce qui concerne les formations au tronc commun. Logiquement, l’implémentation des nouveaux référentiels du tronc commun est reportée à septembre 2022.

La réforme du qualifiant est également repoussée, ainsi que le dispositif d’évaluation des membres du personnel.“Cette décision n’est pas prise de gaîté de cœur mais nécessité fait loi”, indique la ministre. Enfin, toujours pour soulager les écoles, un coup d’accélérateur sera donné à la simplification administrative.