Plusieurs jours d’enseignement à distance seront-ils organisés pour faire du congé de carnaval (qui commence le vendredi 12 février au soir) une coupure plus longue qu’une seule semaine ? La possibilité est dans l’air depuis un moment et, dès mercredi, le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), a annoncé qu’il optait pour ce scénario.

La ministre de l’Éducation, Caroline Désir (PS), allait-elle faire de même côté francophone ? Le sujet était au centre d’une réunion convoquée, ce jeudi, avec les représentants des associations de parents, des pouvoirs organisateurs et des syndicats. En préambule, un état des lieux. Avec le biostatisticien Geert Molenberghs, les acteurs du secteur se sont penchés sur les données disponibles pour parvenir à la conclusion qu’il n’y a, à ce stade, rien de suffisamment inquiétant pour nécessiter une fermeture anticipée des écoles.

La proposition de la ministre au Codeco

Lors du point organisé avec les différents interlocuteurs, personne n’a plaidé pour le scénario annoncé côté flamand. Sauf si les données s’aggravaient radicalement, aucun changement ne devrait donc intervenir avant le congé de carnaval. Tous les élèves restent en classe à 100 %, sauf ceux de troisième secondaire et suivantes pour qui l’hybridation (moitié en présentiel, moitié à distance) demeure en vigueur. En cas d’aggravation, seuls ces derniers seraient renvoyés à 100% chez eux à partir du 8 février. Telle est la proposition que transmettra la ministre Désir au Comité de concertation (Codeco) de ce vendredi.

A propos des chiffres de contamination, l’ONE a communiqué jeudi son relevé pour la semaine du 11 au 17 janvier. On y constate une augmentation des cas. En une semaine, on est passé de 235 à 442 cas signalés, dont 200 chez les élèves de secondaire, 104 en primaire et 102 parmi les membres du personnel. Le nombre de nouvelles quarantaines a grossi de 255 à 1074, chez les élèves en majorité. “La courbe est ascendante mais la proportion reste marginale”, indique-t-on au cabinet Désir. Du côté du Segec (enseignement catholique) aussi, Etienne Michel évoque une situation “stable”, tout en invitant à rester prudent. “Rien à voir avec ce qu’on a pu connaître en octobre”, relève-t-il. Avec toutefois un point de vigilance : “Cette semaine, l’absentéisme des enseignants du fondamental est passé de 5,4 à 6,4 %. Il faut y rester attentif.”

Pas encore de décision pour la suite de l’année

Vu l’impossibilité de savoir comment la situation va évoluer, en particulier concernant les nouveaux variants, aucune décision n’a encore été prise pour la suite de l’année scolaire. Celle-ci est postposée à la semaine prochaine, rapportent plusieurs participants.

“Ce qui nous inquiète le plus aujourd’hui au niveau syndical”, explique Emmanuel Fayt (Sel-Setca), “c’est l’épuisement des enseignants, en particulier en fin de secondaire. Malgré leur investissement, le décrochage et la démotivation gagnent du terrain chez les élèves. Il va falloir vraiment insister sur la remédiation. Par ailleurs, il faut redoubler de sérieux là où on constate un certain relâchement dans le respect des mesures sanitaires.”

Même son de cloche du côté des parents. “Quel que soit le scénario adopté pour la suite, il faudra veiller à ce que personne ne soit pris au dépourvu”, ajoute enfin Bernard Hubien de l’Ufapec (associations de parents de l’enseignement libre).