Après la CGSP, c'est au tour du SLFP et de la CSC Enseignement d'exiger le report de la reprise des cours.

 "Il est inopportun de programmer une rentrée à la hâte le 2 juin", estime le Syndicat libre de la fonction publique (SLFP), tandis que la CSC dénonce la "précipitation et la difficulté de pouvoir, en si peu de temps, organiser le retour correct des élèves" sur les bancs de l'école. Les organisations syndicales exigent en outre des précisions de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles en ce qui concerne les règles de sécurité et d'hygiène à respecter. Le comité de concertation avait décidé mercredi d'autoriser le retour à l'école de toutes les maternelles dès le 2 juin et des primaires le 8 juin.

Face à ces décisions "non-concertées", la CGSP-Enseignement a annoncé vendredi avoir déposé un préavis de grève couvrant toute action de ses affiliés du 2 au 5 juin. Le syndicat socialiste réclame par ailleurs de la ministre de l'Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir, le report de la reprise des cours au 8 juin au plus tôt.

Dans la foulée, le SLFP et la CSC-Enseignement ont également dénoncé des mesures prises hâtivement et sans concertation et ont à leur tour sollicité un report de la reprise des cours.

"Nous exigeons des précisions du gouvernement sur la circulaire 7599 qui n'aborde pas des questions pratiques telles que la faisabilité du maintien des bulles de contact dans la cour de récréation, l'adaptation tant attendue du protocole de l'ONE (Office de la naissance et de l'enfance, NDLR) sur le nettoyage...", demande par ailleurs le SLFP, qui souligne qu'une réunion de l'organe de démocratie locale est indispensable avant toute réouverture.

La CSC revendique pour sa part une réunion rapide avec la ministre afin d'obtenir des précisions et demande que les organes de démocratie sociale soient obligatoirement saisis des aspects organisationnels. Enfin, le syndicat chrétien insiste pour que les équipes éducatives puissent poursuivre début juin leurs initiatives afin de réduire la fracture sociale à l'école.

A ce stade, SLFP et CSC n'ont pas déposé de préavis de grève, contrairement à la CGSP, mais les syndicats mettent d'ores et déjà en garde. "Si nos conditions ne sont pas rencontrées, nous couvrirons toutes les actions locales ou individuelles", prévient le secrétaire général de la CSC-Enseignement, Roland Lahaye, tandis que le SLFP se réserve le droit de "toute action syndicale mise à sa disposition pour faire respecter les acquis sociaux des affiliés si le gouvernement continue à manquer de considération pour l'ensemble des personnels".

Préavis de grève pour la CGSP-Enseignement

Vendredi, la CGSP-Enseignement a décidé de déposer un préavis de grève couvrant la période du 2 au 5 juin pour les enseignants du fondamental. Le syndicat exige un report de la rentrée au plus tôt le 8 juin et une révision de la circulaire organisant cette rentrée envoyée par la ministre dans la nuit de mercredi à jeudi.

“Le mercredi 27 mai nous avons appris à 23h30 que les élèves de l’enseignement maternel pourraient reprendre le chemin de l’école à partir du 2 juin et l’ensemble des élèves de primaire à partir du 8 juin. Cette décision témoigne d’un mépris sans nom du travail accompli par les personnels de l’enseignement” , estime le syndicat.

Celui-ci estime que le délai qui sépare l’annonce officielle de la réouverture des classes est trop court. “Il est impensable de s’adapter à un nouveau fonctionnement assurant la sécurité des élèves et des membres du personnel de l’enseignement en l’espace de deux jours ouvrables. L’organisation d’une rentrée prend du temps et particulièrement en période de confinement” .

Celui-ci dénonce aussi une situation “incompréhensible” . “Nous ne comprenons pas la précipitation dont fait preuve le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en choisissant de ne pas suivre les recommandations fédérales et donc de ne pas attendre que soient portés à notre connaissance les effets des premières mesures de déconfinement.”

Enfin, la CGSP-Enseignement dénonce “un manque de courage manifeste des autorités”. “La ministre de l’Enseignement francophone a décidé de ne pas assumer la responsabilité de sa décision en la faisant reposer sur les épaules des pouvoirs organisateurs qui doivent prendre dans l’urgence la décision de rouvrir ou non leurs écoles pour les élèves concernés sans disposer d’une liste reprenant les consignes de sécurité devant être rencontrées.”