Rodrigo Beenkens, qui fait l'objet de nombreuses critiques provenant d'élèves qui ont passé l'épreuve de français du CE1D, n'était pas au courant que sa voix allait être analysée dans un examen.

Ce vendredi, des élèves de deuxième secondaire ont dû analyser la voix du journaliste sportif de la RTBF durant leur examen de français. De nombreux jeunes ont fait savoir leur mécontentement sur les réseaux sociaux, critiquant la prononciation du commentateur sportif.

Rodrigo Beenkens ne comprend pas : "Je ne suis au courant de rien. Aucun micro ne m'a été tendu pour réaliser une interview. Je suis formel là-dessus. J'ai vraiment été pris à défaut. J'ignore qui a décidé de diffuser cette interview. Je ne sais même pas de laquelle il s'agit."

Si le commentateur des matches des Diables rouges pour la chaîne publique a reçu des messages négatifs, il en a reçu d'autres plein de louanges. " Je reçois vraiment des messages très différents. Par exemple, un préparateur physique d'un club professionnel m'a contacté pour me dire que son enfant avait dû analyser ma voix dans son épreuve de français. Il a trouvé cela très chouette et n'a pas eu de problèmes de compréhension. J'en déduis que la qualité de la diffusion n'était pas la même dans les différentes écoles" , explique-t-il.

Rodrigo Beenkens déplore cette situation : "Je fais ce métier pour tenter de rendre les gens heureux. Si c'est pour susciter de la haine, j'aurais préféré qu'on s'abstienne. Il s'agit toutefois d'une haine minoritaire".

Le journaliste sportif, qui avait donné une dictée sur le Tour de France dans une école de Seraing il y a quelques semaines, estime que la Fédération Wallonie-Bruxelles aurait pu le contacter avant de prendre la décision de faire analyser sa voix dans un examen: "Ils auraient pu avoir la bienséance de prévenir".

"L'accord de Monsieur Beenkens"

Ce lundi, peu avant 18h, la Fédération Wallonie-Bruxelles a publié un communiqué de presse signalant que l’interview a été diffusée "avec l’accord de Monsieur Beenkens, au début de l’élaboration des épreuves certificatives externes de 2019". Elle souligne qu'il faut "plus d’un an pour que ces épreuves voient le jour, car elles sont le fruit d’un long travail collaboratif". Elle précise également que "l’Administration générale de l’Enseignement ne remet aucunement en cause le professionnalisme et les qualités d’orateur de Rodrigo Beenkens, et regrette sincèrement qu’il ait été victime de ce déferlement de violence".

Une enquête a été mandatée auprès du Service général de l’Inspection. Celle-ci visera d’une part à objectiver les problèmes de compréhension rencontrés – qui pourraient avoir été causés, localement, par un matériel inégal ou des conditions de travail moins adéquates –, et d’autre part à étudier les pistes d’amélioration pour que les futures épreuves se passent dans les meilleures conditions pour les élèves.