Le front commun syndical considère qu'un allongement de l'année académique jusqu'au 10 juillet serait "envisageable (...) au vu des circonstances exceptionnelles que nous traversons et de la nécessaire solidarité", avance-t-il jeudi dans un communiqué.

Il ne doit toutefois pas s'agir d'une "date à atteindre" mais bien "d'une souplesse laissée aux établissements". En raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, les cours en présentiel ont été suspendus: jusqu'à la fin du quadrimestre, l'enseignement sera uniquement prodigué à distance dans les universités francophones. Les modalités d'examen doivent être définies par chaque établissement.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, a évoqué lundi que l'année académique pourrait être prolongée jusqu'à la mi-juillet. Cette proposition ne serait pas obligatoire et devrait permettre aux évaluations d'être reportées si elles ne peuvent avoir lieu dans le calendrier initial.

La Fédération des étudiants francophones (Fef) a rejeté cette option mais les syndicats, représentant les membres du personnel, ne semblent pas contre. La CSC-Enseignement, la CNE, le SEL-Setca, la CGSP-Enseignement, le SLFP Enseignement et le CGSLB-Appel indiquent dans un communiqué commun que cette piste est "envisageable".

Si les vacances du personnel seront "plus que nécessaires après cette période troublée", les circonstances "exceptionnelles" permettent aux syndicats d'accepter cette éventuelle prolongation. Dans ce cas, "une priorité devrait être accordée aux activités d'apprentissage des années diplômantes et à leurs évaluations (...) avec pour objectif de ne pas retarder excessivement (l'octroi du diplôme) et l'entrée sur le marché du travail de ces étudiants", insiste le front commun syndical. Il doit s'agir d'une permission accordée aux établissements et non d'une "date à atteindre", martèle-t-il. En outre, la situation "particulière" des écoles supérieures d'arts devrait faire l'objet d'une concertation avec les organisations syndicales, demandent ces dernières.

Par ailleurs, les syndicats déplorent que les discussions concernant la fin de l'année ne soient pas menées au sein des instances de l'Ares, l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur, qui fédère tous les établissements. Elles ont lieu avec les organisations syndicales d'un côté, les pouvoirs organisateurs et les étudiants de l'autre, ce qui "ne permet pas une coconstruction directe des solutions", estime le front commun syndical.