Deux jours. Voilà le temps laissé aux trois ministres de l’Éducation pour trouver une solution à l’augmentation des clusters dans les établissements scolaires, tout en garantissant l’ouverture des écoles jusqu’aux vacances de Pâques.

Dimanche soir, Caroline Désir (PS), Ben Weyts (N-VA) et Lydia Klinkenberg (ProDG) présentaient, en front commun, ces nouvelles dispositions lors d’une conférence de presse annoncée en urgence dans l’après-midi. Le timing était serré puisque les mesures annoncées doivent entrer en application dès ce mercredi 24 mars.

"La situation actuelle est loin de justifier une fermeture générale des écoles. L’augmentation est continue, mais elle est attendue. On observe aussi une forte augmentation des clusters, avec des réalités très contrastées", a commencé Caroline Désir. Avant de détailler les décisions évoquées lors de la réunion de ce dimanche qui seront proposées au fédéral, la ministre a tenu à dire pourquoi il a été décidé de ne pas fermer les écoles avant les vacances de Pâques.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, 93 % des écoles n’ont pas été touchées par un cluster, détaille la ministre francophone. Concrètement, les écoles ne fermeront pas leurs portes la semaine précédant les vacances de Pâques. "Certains modèles ont déjà montré que cela n’aurait pas d’impact sur les courbes de contaminations", argumente la ministre, avant de mettre en avant l’impact que cela pourrait avoir sur la santé mentale des élèves.

"On doit tout faire pour éviter d'envoyer les enfants 24h/24h à la maison", a aussi insisté la ministre qui refuse que les vacances de Pâques soient avancées. "Anticiper les vacances de Pâques aurait par ailleurs été une nouvelle rupture dans la scolarité (...) ce qui n'aurait fait qu'étendre les difficultés des enfants", a-t-elle ajouté.

"Même avec l'arrivée des variants, on ne considère pas que les écoles sont le moteur principal de l'épidémie, elles sont le réceptacle des contaminations qui se produisent dans la société", a martelé la ministre, et de rappeler qu'il s'agit d'une mesure de dernier recours, selon les recommandations des experts du GEMS.

Plutôt que la fermeture générale, c’est la stratégie du ciblage qui a été décidée pour réagir plus rapidement au développement des foyers de contaminations.

Vaccination du personnel

Les ministres ont demandé que les membres du personnel de l'enseignement deviennent prioritaires à la vaccination. Un ordre de priorité a été fixé, en fonction de la proximité des contacts que doivent avoir les membres du personnel avec leurs élèves : l'enseignement spécialisé d'abord, puis les professeurs de maternelle, ensuite de la primaire, et enfin de secondaire.

Les ministres attendent du fédéral qu'il mette rapidement sur pied un plan de vaccination au plus vite, afin de pouvoir terminer l'année scolaire "plus sereinement"

Une approche territorialisée

Dès le 24 mars, des mesures spéciales seront prises dans les communes où la situation épidémiologique est préoccupante.

Dans les communes définies comme "à risque" par les rapports hebdomadaires du RAG (le groupe d’experts chargés de la surveillance épidémiologique), dès qu'un cas positif sera déclaré dans une classe, celle-ci sera entièrement fermée immédiatement jusqu'aux vacances de Pâques. Le bourgmestre de la commune en question, en sera aussi informé et une concertation sera organisée entre l’école, le PSE, l’AVIQ/COCOM et l’autorité locale.

Favoriser l'aération et les activités extérieures

De nouvelles mesures seront aussi d'application jusqu'aux vacances de Pâques, à savoir :

- Favoriser l'aération des salles de classes : de nouvelles recommandations vont être communiquées prochainement

- Favoriser les activités en extérieur : les cours d’éducation physique seront donnés en extérieur dans le primaire (c’est déjà imposé dans le secondaire), les activités extra-muros d’un jour devront prendre place en extérieur

- Fermeture des cantines : les enfants devront manger en classe ou chez eux

- Limiter les interactions : les réunions de groupe, déjà limitées, vont être interdites

- Les salles réservées aux membres du personnel seront fermées, si des alternatives extérieures existent

Ces mesures viendront s'ajouter à celles qui existent déjà dans les écoles, a rappelé Caroline Désir, qui a aussi annoncé qu'une campagne de sensibilisation aux mesures actuelles allait être mis en place. "On constate que dans tous les pans de la société, il y a un peu de relâchement par rapport aux mesures" .

Les trois ministres recommandent par ailleurs aux élèves d'éviter les transports en commun pour se rendre à l'école.

Les nouvelles mesures analysées par le commissaire corona

Le Premier ministre Alexander De Croo a remercié dimanche soir les ministres de l'Education pour avoir élaboré de nouvelles mesures destinées à contenir la propagation du coronavirus dans les écoles, a-t-on appris auprès de son cabinet.

Le commissariat corona va à présent analyser ces mesures et transmettra ses observations au Comité de concertation. Ce dernier avait sollicité les trois ministres de l'Education pour prendre de nouvelles mesures, en plus de celles déjà annoncées vendredi (masque obligatoire pour les 5e et 6e primaires, report au-delà des vacances de Pâques du retour au présentiel intégral au 2e degré du secondaire).